Le silence est d’or, seuls les coups de maître restent

Le cinéma français est trop bavard, affirmaient les américains avant la cérémonie des Golden Globes. Il n’en fallait pas moins pour réveiller l’esprit patriotique qui sommeille chez nos cinéastes nationaux. Avec The Artist, film 100 % muet, 100 % home made… C’est pour eux l’occasion de faire un beau pied de nez à l’imposante machine de blockbusters américaine.

Le film de Michel Hazanavicius a remporté trois trophées : meilleure comédie, meilleure musique originale et surtout meilleur acteur dans une comédie pour Jean Dujardin. Car en effet, l’acteur à particulièrement séduit le public de par son jeu et son discours lors de sa nomination. Toujours drôle et fin, il semble incarner la classe à la française. Espérons que les américains ne découvrent pas  Brice de Nice, ils risqueraient d’être légèrement déçus. Si le film a déjà derrière lui de belles récompenses, la saison des prix vient de s’ouvrir et il est attendu au tournant avec les Césars et les Oscars. Une étape qui se révèle plus complexe car face à lui, ce n’est plus Owen Wilson mais George Clooney et Leonardo Di Caprio qui mènent la compétition.

Ce dernier nominé pour le rôle de J.E.Hoover dans le dernier film de Clint Eastwood aurait pourtant bien des choses à apprendre de notre Cary Grant national. Son interprétation est décevante et superficielle. Tout comme la mise en scène de l’impitoyable Eastwood qui, à trop vouloir montrer l’homme derrière le stratège politique, en oublie de faire son travail : nous faire rêver. Là où The Artist innove et interpelle sans un son, Eastwood lui parle à tort et à travers, et s’enfonce dans le consensuel voire le ridicule. Espérons que les Oscars rendront justice à l’originalité de The Artist, et que pour une fois, ils ne seront pas la tribune de la suffisance américaine.

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