Hommage à Pina Bausch

Pina Bausch

Cela fait déjà 3 ans. C’est long. Pina bausch s’est éteinte en juin 2009 mais son œuvre n’est pas morte avec elle, loin de là. Après la sortie au cinéma des « Rêves dansants » en 2010 et « Pina » en avril dernier, c’est à l’opéra Garnier que l’on célèbre à nouveau le génie de ce petit bout de femme qui a révolutionné l’art chorégraphique.

Orphée et Eurydice : un défi périlleux

Cette pièce majeure dans la carrière de la chorégraphe allemande est à l’affiche du célébrissime opéra de Paris jusqu’au 16 février pour 9 représentations. La pièce qui avait fait grand bruit devrait attirer du beau monde mais l’esprit de Pina sera t-il au rendez vous ? Difficile de rendre avec justesse le mélange atypique de théâtre, de danse et de gestes du quotidien qui imprègne l’œuvre de la chorégraphe. Mais c’est sans compter sur sa troupe qui depuis 2009 continue de magnifier l’esprit et l’essence même de sa danse. C’est Dominique Mercy l’un des plus anciens interprètes du « Tanztheater de Wuppertal » qui codirige la compagnie, il était Orphée il y a plus de 35 ans. 

Tout le monde connait la mésaventure de Orphée et Eurydice mais personne ne l’a raconté comme Pina. Elle qui joue tellement sur l’expression du visage transforme Orphée en aveugle : incapable de redresser la tête pour embrasser du regard le monde qui l’entoure et accessoirement sa bien aimée. Comme toujours avec la chorégraphe tout n’est pas dans la technique, aucun mouvement n’est superflu, tout a une signification. Cette pièce est probablement une des plus noires qu’elle ait écrite, ou le deuil, le regret et la violence se mêlent, transcendent les corps et les gestes des danseurs jusqu’à la chute.

Un devoir de mémoire

Pourtant les hommage rendus à la chorégraphe ne sont pas tous aussi sombres. Les deux films sortis depuis sa mort retranscrivent avec joie le travail de Pina. Dans «  Les rêves dansants » on assiste à une expérience inédite : une vingtaine de jeunes danseurs débutants reconstituent avec leurs propres passés et leurs visions une pièce de Pina «  Kontakthof » sous l’œil de deux interprètes du Tanztheater. Dans « Pina », un film écrit et dédié totalement à la chorégraphe par son ami Win Wenders, on oscille entre extraits de spectacles re-dansés pour l’occasion, portraits d’interprètes et duos extravagants créés en hommage par ses anciens danseurs. On voit clairement entre ces deux films un rapprochement : Pina Bausch c’était avant tout de l’humain, c’était ses danseurs, les rapports qu’elle entretenaient avec eux. C’est en cela que ses spectacles sont si beaux : on sent vibrer la passion, l’amitié, l’amour et l’osmose dans la danse. Que demander de mieux ?

Publicités