octobre 02

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Chine – Japon : un conflit à la sauce aigre douce ?

Les eaux de la mer de Chine risquent de se transformer en partie de touché-coulé. Depuis des décennies la Chine et le Japon se querellent pour un ensemble d’îles riches en gaz et en pétrole, appelées par les Chinois les « Diaoyu » et par les Japonais les « Senkaku ». Ces dernières semaines, les tensions entre les deux pays ont refait surface quand le gouvernement nippon a décidé de nationaliser les îles. 

Un casse-tête chinois

Les chinois dans la rue pour reconquérir les îles.

 

Les raisons du différend sino-japonais sont plus d’ordre politique qu’économique, même si les îles offrent poissons et matières premières. En Chine la situation, déjà tendue à maintenant quelques semaines d’un changement important à la tête du Parti communiste  chinois, s’est enflammée. « Même si c’est un peu plus calme depuis quelques jours, il y a eu beaucoup de manifestations, les chinois sont allés jeter des briques sur l’ambassade du Japon avec la bénédiction de la police », constate Paco, étudiant français à l’université de Pékin. Les Chinois, blessés dans leur honneur, ont attaqué les sièges de Toyota et de Panasonic en scandant de nombreux slogans anti-Japon. « A bas l’impérialisme japonais », « boycottons les produits japonais » pouvait-on lire sur les pancartes, pourtant peu nombreuses, car manifester n’est pas vraiment une habitude en Chine. Contrairement à la France, il faut que la souveraineté même du pays soit en danger pour que le peuple sorte dans les rues.

Un geste d’apaisement pour les japonais

Le gouvernement japonais tente de protéger ses ressortissants : il a obligé le gouvernement chinois à prendre ses responsabilités. Plusieurs usines et entreprises japonaises en Chine ont été fermées le temps que les tensions s’apaisent. Au départ, cette nationalisation avait pour but d’éviter que les îles ne tombent entre les mains d’ultranationalistes japonais et visait donc plutôt une amélioration des rapports sino-japonais. Mais faute de communication, elle s’est transformée en bavure diplomatique. Finalement, les Chinois ont dépassé les limites en commettant des actes violents et démesurés : « Un ami français qui vit sur place était aux manifestations, il s’est fait contrôler et supprimer ses photos » explique Paco. La Chine reste un pays très censitaire et les Japonais qui ont le soutien des occidentaux vont probablement gagner la bataille diplomatique, si celle-ci ne dégénère pas en guerre bien réelle. De plus, Taïwan a également décidé de se jeter dans la course aux îles, en envoyant cette semaine, après la Chine, une flottille de bateaux que les Japonais ont repoussés avec des canons à eau. Une arme bien dérisoire pour un conflit qui se complexifie.

Pour un aperçu des avis dans la presse chinoise et japonaise sur la question :

http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/26/iles-diaoyu-senkaku-le-conflit

Lucie Puyjalinet