Karine Giebel : du vrai roman noir

Karine Giebel, auteure d’origine varoise, était au festival de Mouans-Sartoux le samedi 6 octobre. Elle présentait son dernier roman, Juste une Ombre, et s’est prêtée amicalement au jeu des dédicaces.

Karine Giébel à son stand de Mouans-Sartoux

Juste une Ombre s’ajoute à la liste des romans noirs à succès de Karine Giebel. Terminus Elicius, Jusqu’à ce que la mort nous unisse, ou encore Meutres pour rédemption pour un des plus connus, l’auteure varoise enchaîne les prix littéraires. Sa particularité : un univers extrêmement sombre. Ses intrigues sont souvent violentes et rares sont celles qui finissent bien. « Certains de mes collègues ne sont pas assez « jusqu’au boutistes« , déclare-t-elle. Ils écrivent des histoires extrêment noires, mais terminent sur une happy end ». Ce n’est pas le cas de l’écrivaine qui n’hésite pas à « tuer » ses personnages principaux. Elle déclare cependant « avoir adouci la fin de Juste une Ombre tellement ça me paraissait horrible ».

Une place à prendre

Ce qui est sûr, c’est que Karine Giebel ne fait pas de la littérature grand public. « Parfois, dans les salons, des lecteurs viennent me voir pour me dire à quel point mes livres les ont traumatisés », sourit-elle. Pourtant, la recette fonctionne. L’auteure a pris une place vacante dans le champ littéraire français, celui du vrai roman noir, du début jusqu’à la fin. « Mes collègues me le disent aussi, que ce type de roman manquait, déclare-t-elle. En plus, je suis une femme, ce qui n’est pas courant dans le thriller ».

Mais pourquoi faire le choix d’intrigues si sombres ? « J’écris ce qui me vient à l’esprit, ce que j’ai besoin d’écrire ! s’exclame Karine Giebel. Les idées s’emparent de moi, plus que l’inverse. » L’auteure explique que Meutres pour rédemption est peut-être la seule exception. « Je voulais écrire sur le milieu carcéral français, qui était à une époque l’un des pires d’Europe, et auquel, pourtant, personne ne s’intéresse. Mais l’histoire s’est créée d’elle-même. D’ailleurs, je n’imaginais pas du tout faire un roman si long ! » Si son style peut évoluer selon ses envies et son inspiration, elle doute cependant écrire un jour des histoires d’amour… « Pourtant, s’amuse-t-elle, beaucoup me disent qu’il y a un côté romantique dans mes livres. Il est vrai que je mets souvent en place des romances, parfois des amours impossibles… Qui finissent toujours mal « .

Une adaptation en cours

Karine Giebel parcourt les festivals littéraires, « pour aller à la rencontre des lecteurs, autant fidèles que nouveaux ». Son premier roman, Terminus Elicius, a été publié en 2006, récompensé, comme ses successeurs, par des prix littéraires. Mais le grand public ne la connaît pas encore beaucoup, même si le milieu littéraire et les critiques l’encensent.

Terminus Elicius est d’ailleurs en cours d’adptation par Frédéric Diefenthal, très connu pour son rôle dans Taxi. Il est ici producteur, et s’éloigne bien de la comédie. « Il m’a demandé mon avis sur les différents scénarios », révéle Karine Giebel. « Je suis assez contente de la version finale, l’esprit du livre est préservé. » Ils espèrent commencer le tournage en 2013.

Alex Perasso