OGM : l’étude qui dérange

Depuis la publication d’expériences qui révèlent que les OGM ont un effet dangereux pour la santé, le débat est relancé.

José Bové signe ses livres à Mouans-Sartoux

A Caen… la fin des OGM ? L’université de la ville a publié le mois dernier les résultats d’une étude menée durant deux ans sur des rats nourris par des OGM. L’étude met clairement en cause la firme américaine Monsanto et son mais transgénique NK603. (Le taux de mortalité chez les rats nourris au OGM atteint 70% pour 20% chez le groupe de rats nourris au mais non OGM). Les impressionnantes tumeurs développées par les animaux ont alarmé les pouvoirs publics. Le professeur Gilles-Eric Séralini, à l’origine de l’étude, a été invité à l’Assemblée Nationale mardi 9 octobre pour expliquer ses recherches. La réalisation clandestine de l’étude, son financement privé et les accointances présumées des scientifiques avec des organisations anti-OGM ont semé le doute sur l’impartialité de l’étude. Une première analyse de l’Autorité européenne de sécurité des aliments l’a d’ailleurs jugée « insuffisante ». Mais beaucoup contestent cet organisme, soupçonné d’être en conflit d’intérêt avec l’industrie agro-alimentaire. L’agence a par le passé autorisé la commercialisation du maïs NK603. Un autre institut en Allemagne a également contesté ces résultats. L’agence nationale de sécurité sanitaire doit elle aussi rendre son rapport sur le sujet le 20 octobre. Elle sera auditionnée par l’Assemblée nationale.

José Bové, député européen pour EELV a rappelé lors d’une conférence tenue au cours du Festival du livre de Mouans-Sartoux (les 4,5 et 6 octobre), qu’il croyait en « une agriculture biologique pour nourrir l’humanité ». Mais pour lui, « l’Etat n’a aucune envie de changer, les intérêts économiques priment. » Ce qui pourrait bien être démenti par les propos du ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll, qui en soulignant la nécessité de réengager une nouvelle étape dans la réduction de l’utilisation des phytosanitaires, a affirmé que « la question environnementale doit être intégrée au cœur des pratiques agricoles ».

Elvire Simon

Lucie Marmey

Pour aller plus loin : Une étude choc sur les effets des OGM met Bruxelles dans l’embarras (Euronews)