octobre 20

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Venezuela : Hugo Chavez dans la continuité

Au pouvoir depuis quatorze ans, Hugo Chávez a été réélu à la tête du Venezuela, dimanche 7 octobre. Depuis la nouvelle constitution, instaurée en 1999, c’est la troisième fois qu’il sort vainqueur de l’élection présidentielle. A cette occasion, il obtient un nouveau mandat de six ans.

Le président vénézuélien a recueilli 55,25% des voix contre 44,13% pour Henrique Capriles Radonski, son principal adversaire. De toute sa carrière politique, c’est le plus bas pourcentage obtenu par Hugo Chávez. A titre de comparaison, il avait été élu en 2006 avec plus de 62% des suffrages exprimés. Selon le Comité électoral national, le Venezuela a connu un taux de participation historique. En effet, 80,94% des électeurs inscrits (19 millions au total) se sont rendus aux urnes. En raison de la forte mobilisation, l’annonce des résultats officiels a même été retardée. Et pour veiller à la bonne tenue du scrutin, environ 139 000 militaires ont été déployés tout au long de la journée, dans tout le pays. Du jamais vu.

Sur son compte Twitter, le président vainqueur, âgé de 58 ans, a célébré sa victoire en remerciant ses électeurs. On pouvait y lire : « Merci mon Dieu ! Merci à tous et à toutes. » A Caracas, la capitale, la victoire de Chávez a longuement été fêtée par ses partisans. Feux d’artifices et chants à la gloire du chavisme étaient de sortie.

« Je m’y attendais »

Malgré une victoire prévisible, cette réélection laisse songeuses de nombreuses personnes. C’est le cas de Juan Carlos, âgé de 40 ans, vénézuélien et habitant depuis peu en France : « Je n’aime pas beaucoup la politique. Mais ce dont je suis convaincu, c’est que cette victoire de Chávez est le fruit d’une importante propagande. Au Venezuela, le président on le voit partout, ça en devient presque choquant. Les gens pauvres, ceux qui habitent dans les favelas, ne sont pas au courant de tout ce qui se passe. Et, étant donné que le gouvernement les divertit, la majorité vote pour Chávez. » Sandra, quant à elle, française d’origine vénézuélienne, est réaliste : « Honnêtement, je m’y attendais. Si un autre que Chávez avait été amené à remporter ces élections, ça aurait été un petit cataclysme », assure-t-elle avant d’exprimer le fond de sa pensée. « L’emprise qu’a Hugo Chávez sur le pays est incroyable. D’après quelques-uns de mes proches, le peuple ne serait pas super content de la politique menée depuis quelques temps. Beaucoup de familles manquent de nourriture. Et la violence qui sévit au pays… »

Justement. De Caracas à Ciudad Guayana, en passant par Barquisimeto, la violence est omniprésente au Venezuela. D’ailleurs, on retrouve ces trois villes dans le classement des 25 villes les plus dangereuses au monde. La République bolivarienne détient le taux d’homicide le plus élevé d’Amérique du Sud (50 pour 100.000 habitants en 2011, selon des chiffres officiels). Pour Juan Carlos, « la pauvreté et la corruption sont les deux fléaux de notre société. Et l’un plus l’autre, ça engendre l’extrême violence qui existe au pays. » Selon toute vraisemblance, éradiquer cette insécurité permanente sera l’un des objectifs principaux du nouveau mandat d’Hugo Chávez.

Au-delà de ces aspects négatifs, on peut noter que le président possède une très bonne cote de popularité. Sous sa présidence, l’accès aux soins et à l’éducation ont été rendus gratuits, un système de protection sociale a vu le jour, et l’espérance de vie a progressé de deux ans. Des bons points qui jouent en sa faveur.

Le président entamera son nouveau mandat à partir du 10 janvier. D’ici là, des élections régionales auront lieu en décembre. Un scrutin durant lequel l’opposition tentera de gagner en légitimité. En attendant, le peuple espère une continuité dans l’amélioration de la République bolivarienne du Venezuela.

 Hassen Gallah