Tryo se met en quatre pour le public niçois

Tryo sur scène, c’est du bonheur !

Samedi 27 octobre, le groupe Tryo était au palais Nikaïa. Venus présenter Ladilafé, leur dernier album, Mali, Guizmo, Manu et Daniel ont enflammé la scène niçoise.

Savant mélange de leurs nouveaux titres (Greenwashing, Marine est là, Boulawa, Nous génération, Brian Williamson…) et de leurs désormais classiques (Désolé pour hier soir, L’hymne de nos campagnes, Serre-moi, Yakamonéyé…), les membres de Tryo restent au plus près de leurs fans. Des sujets universels aux plus personnels, des airs festifs à l’émotion, des influences jamaïcaines aux sud-américaines : le public est conquis.

Un tube hommage

Festif, Ladilafé, le principal titre de l’album éponyme, est un hommage à leur première directrice artistique disparue en février dernier. « Patricia Bonnetaud nous a repérés à nos tout-débuts, quand on avait encore les cheveux longs » lance Mali, le chanteur du groupe. « On a chanté de son vivant. Depuis elle est décédée d’une longue maladie, mais elle est avec nous ce soir. »

Ce concert est beaucoup plus « électro » que les précédents, un DJ a même pris place sur scène. Certains regrettent l’ambiance « boite de nuit » du milieu de concert. « Je préfère le Tryo plus reggae. Ils perdent un peu de leur âme », déplore Léa. Bien plus qu’un concert, Tryo offre un véritable spectacle : ombres et lumières, chorégraphies, passages dans la foule, décors très urbains… L’interprétation des titres diffère de l’original : « On n’a pas l’impression d’écouter le CD, il y a beaucoup plus d’instrumental », remarque Paulin.

Un groupe engagé

Droits des homosexuels, écologie, anti-sarkozysme (de l’affaire du pain au chocolat de Jean-François Copé à celle de l’interdiction des « youyous » par Christian Estrosi lors des mariages à Nice), positionnement contre Marine Le Pen, printemps arabe, rejet de la surconsommation… Tryo assume, tout en chanson et en humour, sa rébellion et ses engagements. Allant bien au-delà des paroles de ses chansons, le groupe agit concrètement entre incitation au co-voiturage, présence de militants Greenpeace dans la salle et gobelets consignés. Un concert « vert » bien illustré par de nombreuses chansons comme Greenwashing ou L’Hymne de nos campagnes.

Au terme de trois heures de show, un rappel avec d’anciens titres clôt le concert. « Un retour en arrière de 17 ans », précise Mali. Les paroles sont sur toutes les lèvres et la nostalgie plane. Tryo, un groupe qui dure.

Mathilde Frénois