Les dessous du CERS de Saint-Raphaël

Les maillots de sportifs du CERS. © Mathilde Frénois

Les maillots des sportifs passés par le CERS de Saint-Raphaël sont affichés dans les couloirs. Gourcuff, Domingo, Cissé, Rougery mais aussi Grange. Face à la mer, le centre accueille les grands noms du sport. Joueurs de football, de handball, de basket, de rugby, danseurs, skieurs… Les sportifs, toutes disciplines confondues, viennent soigner leurs blessures à Saint-Raphaël.

Avec celui de Cap Breton, le CERS de Saint-Raphaël fait parti des deux centres de rééducation fonctionnelle habilité à recevoir les sportifs. Mais pas seulement. Les joueurs professionnels ne représentent que 15 à 20% de la clientèle. Le centre ouvre également ses portes aux personnes lambdas souffrantes de pathologies liées aux articulations et recherchant une rééducation, souvent après une opération. Rupture des ligaments croisés ou bien lumbago. Le CERS de Saint-Raphaël est surtout spécialisé dans la rééducation orthopédique et traumatologique. « On propose des soins qui correspondent à chaque pathologie, explique le directeur du CERS de Saint-Raphaël, Gilles Laurence. Notre but, c’est avant tout la qualité. Je pense que c’est ça qui fait notre réputation et qui attire les sportifs mais aussi d’autres personne. »

Un séjour encadré

Les 115 patients, que peut recevoir le centre, restent en moyenne 26 jours. Durant ce séjour, un planning est élaboré avec le personnel médical. Trois médecins les accueillent pour un premier bilan sur leur état de santé. Ce sont ensuite kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychologues, préparateurs physiques qui prennent le relais. Ils soutiennent, soignent et renforcent les muscles des patients. Sur une demi-journée, les blessés reçoivent différents soins : massage, cryothérapie, hydro-massage. Au plateau de rééducation, les kinésithérapeutes massent et étirent les muscles. Un gymnase avec différents appareils de musculation et de cardio ont également été mises à disposition pour continuer à s’entretenir même en période de convalescence. « Même avec un croisé, on peut faire du sport. Il suffit de ne pas utiliser le membre blessé. Dans ce  cas, on propose un pédalier qui utilise la force des bras », précise Gilles Laurence.

Ancien centre de balnéothérapie, le CERS de Saint-Raphaël a longtemps prodigué des soins avec de l’eau de mer. Jusqu’en 2011, le centre utilisait ce procédé. Seulement, les coups de mer ont emporté les tuyaux d’acheminement de l’eau. Pour le moment, le CERS utilise l’eau douce pour alimenter les différentes salles de soin, machines hydromassantes et piscines de rééducation. En fin de séjour, les kinésithérapeutes reçoivent les patients dans le plateau d’évaluation, où des machines plus  pointues examinent l’avancée dans la rééducation et parfois permettent d’ajuster la suite du traitement.

Un soin tout particulier pour les sportifs de haut niveau

En plus de la demi-journée de soin, les sportifs s’entretiennent à l’aide d’appareils de musculation et de cardio. Ils continuent leur préparation physique en attendant le retour à la compétition. L’attention portée aux sportifs de haut niveau est différente. « Ils connaissent leur corps. Quand ils ont mal, ils comprennent leur douleur », explique Roselyne, la kinésithérapeute,  responsable des sportifs. Plus facile d’ajuster leur planning de soins et exercices, les sportifs sont des patients à part entière. Le chemin pour revenir à la compétition est parfois long. Six mois ou plus pour une rupture des ligaments croisés. Le but que se fixent les sportifs est alors de revenir au plus vite en forme, tout en respectant leur corps. « Il ne faut pas aller trop vite. Parfois, il y a des tensions avec les clubs. Certains veulent que les sportifs soient vite opérationnels. Il y a des questions financières en jeu », illustre le directeur du CERS.

Malgré la proximité avec la mer et la bonne ambiance qui règne au centre, le CERS de Saint-Raphaël est loin d’être un centre de colonie de vacances. Les patients, qu’ils soient sportifs, professionnels ou personnes lambda, reviennent tous de blessure. Des blessures qui parfois pèsent sur leur moral.

Hortense Rebérat