Lights and Works Pictures : les jeunes s’activent derrière la caméra

Lightsandworks capturent concerts et spectacles ( Crédit Photo : Hyppolite Duclerc )

L&W Pictures est une association dont le but est de créer des produits audiovisuels. Captations de concerts, réalisations de clips ou de teasers, tout est bon pour promouvoir à la fois les jeunes bénévoles de l’association et les artistes.

Il y a aujourd’hui une quarantaine d’inscrits dans l’association L&W Pictures. Et pourtant, tout a commencé avec une bande d’amis qui voulaient s’amuser. En mars 2012, Rémi Mullier, Dimitri Sorel et d’autres étudiants au BTS audiovisuel de Cannes réfléchissent à un projet à réaliser ensemble. « On faisait les mêmes études et on vivait au meme endroit. On est devenus très proches et on a décidé de faire notre propre truc. » Ils commencent à filmer des concerts et finissent par avoir l’idée de L&W, petite boîte de production qui rassemble de jeunes techniciens bénévoles. « Les projets sont gratuits : on filme des groupes en concert pour qu’ils aient de belles images. » Mais travailler bénévolement a parfois un prix : « On a beaucoup de frais. Les teeshirts L&W, les transports, le coût de la création d’une association, le matériel… » Caméras, appareils photos, micros… Tout est personnel, acheté par les jeunes.

Des jeunes ambitieux et motivés

Le premier projet de L&W, c’est la captation d’un groupe niçois, HVN. 8 caméras sont utilisées. Enthousiastes, les techniciens s’organisent et préparent des plannings de concerts à venir. Ils filment le groupe parisien Arat Kilo. En juin, ils décident de réaliser le clip d’un groupe Montpelliérain, The Pharaohs on the cap : « J’ai sorti l’argent de ma poche« , se souvient Rémi. « Il a fallu déplacer tous les membres du groupe et quelques techniciens de Montpellier jusqu’à Cannes où a eu lieu le tournage. »

Les bénévoles très investis dans leur projet ( Crédit Photo LW )

Les membres de L&W Pictures sont motivés. Mais en juin, le travail et la distance les empêchent de continuer. Rémi a terminé sa deuxième année au BTS. Il décide de créer une branche de l’association à Montpellier. « C’est une ville qui bouge beaucoup. Il y a plus de choses à faire qu’à Cannes. » Il rédige une annonce sur le site de l’université de Montpellier et trouve des volontaires. Nicolas Amédéo devient le chargé de production. Il doit trouver et prendre en charge les futurs projets de la toute nouvelle L&W Pictures Montpellier. L’association leur permet de filmer de bons groupes. « On a pu réaliser des captations de Jazzanova et de ASM ( A State Of Mind ), qui sont des groupes relativement bien connus. »

Rémi part à Paris pour y étudier le cinéma en fac et y crée la troisième branche de l’association. « Paris c’est l’avenir. Quand les autres auront fini leurs études, ils viendront ici et on y concentrera les projets de L&W. » Tout seul, il parvient à trouver de jeunes techniciens prêts à participer et se fait un petit réseau de contacts. « L’association à Paris a plus d’ambition. On cherche les gros studios de répétition. On organise une grosse campagne de communication pour trouver des projets rémunérés.

Une association qui demande beaucoup de temps

Ils sont une dizaine à Cannes. 18 inscrits à Montpellier et 15 à Paris. Rémi ne peut pas tout faire. « Je laisse les gens travailler entre eux. Ils trouvent les projets, ils appellent le gens. C’est eux qui organisent tout. » Un planning est mis en place. Les montages finaux sont envoyés à Rémi puis publiés sur le site internet. « De temps en temps, il m’arrive quand même de passer quelques coups de fil pour les aider ». Car être président d’une association comme ça, ça demande du temps. Surtout quand on le fait bénévolement, en plus du sport, des études et de la recherche de travail. « Je ne dors pas souvent », ironise Rémi. Et de continuer, plus sérieusement : « Ce n’est que le début. On s’organise. On a beaucoup d’idées et de propositions. On fait de notre mieux pour les concrétiser. »

Idéalement, L&W Pictures se développera suffisamment pour faire payer ses prestations et pouvoir filmer des groupes toujours plus connus. Ces jeunes techniciens se mobilisent pour réaliser leur rêve tout en gardant les pieds sur terre. « Il y a des millions de boîtes de production comme nous qui se cassent la gueule. Oui c’est la galère. Mais je pense qu’on peut faire quelque chose de vraiment intéressant. »

Solène VIGNALI