Monique : « Notre bunker peut accueillir dix personnes »

Le petit village de Roquesteron cache bien des secrets… © Oceane Sailorin

Habitante du petit village perché de Roquesteron, à une cinquantaine de kilomètres de Nice, Monique se prépare depuis cinq ans à la fin du Monde. La soixantenaire a même réussi à convaincre Jean, son mari, qui a construit un abri dans le jardin.

Buzzles : Est-ce la première fois que vous prenez en considération une prophétie de fin du Monde ?

Monique : Bizarrement oui. C’est vrai que chaque année a son lot de fins du Monde. On en entend des vertes et des pas mûres. Quand Paco Rabanne l’avait annoncé, c’était seulement pour se faire de la pub je pense. Les autres fois, c’est pratiquement que les sectes qui en parlent. Selon moi, elles cherchent seulement à enrôler des gens, qui voient en elles la seule solution pour s’en sortir. Pour décembre 2012, c’est autre chose, ça me paraît beaucoup plus plausible. Déjà parce que la prophétie vient d’un peuple ancien, qui n’existe plus, et qui n’a donc pas de raison de mentir. J’ai lu beaucoup de choses à ce sujet et je ne vois aucune faille dans leur prophétie. En plus, en ce moment on voit que le monde va mal, qu’il court à sa perte. Il y a de plus en plus de catastrophes naturelles, le réchauffement climatique est impressionnant, les tremblements de terres et les tornades sont plus dangereux qu’avant. Puis, même au niveau de l’humanité elle-même. Les hommes se déchirent, ils sont beaucoup plus violents qu’avant… Enfin, tout ça pour vous dire que je crois vraiment que l’apocalypse aura lieu le 21 décembre.

B : Qu’allez-vous faire pour le 21 décembre ?

M : On va survivre évidemment (elle rit). Mon mari a construit un bunker. On a mis beaucoup de temps et d’argent dans cette solution. On ne savait pas quoi faire au début, puis un jour on jardinait et Jean s’est retourné vers moi en me disant « le jardin est tellement grand, on pourrait y construire un abri non ? ». Une semaine plus tard, on avait acheté tous les matériaux. On a creusé puis coulé du béton. La construction est terminée maintenant, et on est très fiers du résultat. Il peut accueillir dix personnes. Nous on voudrait protéger nos deux petites filles, mais le papa n’est pas d’accord… On essaie de le convaincre, mais il nous prend pour des farfelus ! On a encore un mois, je pense qu’on y arrivera. Pour les six places restantes, on a demandé à nos voisins et amis, qui ont bien sûr accepté. On a déjà tout prévu, des vivres pour six mois, des bassines d’eau, des couchages décents. On est prêts !

B : Que ferez-vous si le 22 décembre, le monde est toujours en place ?

M : Je vous avoue que nous n’y avons pas vraiment pensé… On est vraiment persuadés que la fin du Monde est pour bientôt. Mais je pense que si l’apocalypse n’intervient pas le 21 décembre, on sera préparé pour la prochaine. (Elle rit encore) De toute manière, si ce n’est pas pour dans un mois, je pense qu’elle ne tardera pas. Au pire, on ressortira de l’abri en ayant passé une bonne soirée ! Comme on dit, « il vaut mieux prévenir que guérir », quoi que dans ce cas-là, personne n’aurait pu guérir. Puis, on serait heureux de pouvoir revoir toutes les personnes qui ne nous auraient pas suivies, même si on devrait subir leurs moqueries je pense…

Propos recueillis par Clara Carlesimo