novembre 22

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Profession : artiste et flic

Le livre de Sylvianne Genna est disponible dans les librairies des Trois cloches et à Libris de Valbonne village, et sur le boulevard Sadi Carnot.

Sylvianne Genna a publié l’an dernier L’œil du flic en auto édition. Elle revient, dans ce livre, sur ses trente années passées dans la police, entre joies et peines, mêlant vie professionnelle et vie privée. On y découvre surtout un personnage paradoxal : une flic qui aime l’action, mais qui possède surtout l’esprit d’une artiste.

Pétillante, élégamment habillée, Sylvianne Genna, « Sissi » comme elle se fait appeler, est passionnée de peinture. Parfois un peu timide, jamais un mot plus haut que l’autre, elle se balade discrètement dans les rues de Valbonne. « Je peins depuis trente-trois ans, raconte-t-elle. Je me suis mise à la musique, j’ai fait de la poterie, je me suis dernièrement lancée dans le théâtre, et j’ai écrit un livre. » Accessoirement, « Sissi » est aussi brigadier-chef dans la Police nationale. Elle rendra l’insigne fin 2012. Comment a-t-elle associé ce caractère doux et rêveur à l’uniforme de policier ?

« Beaucoup de mes collèges pratiquaient une activité en dehors du travail, c’est très important pour penser à autre chose, souligne l’auteure. Ma particularité, c’est d’avoir toujours peint. Depuis le début, je suis artiste et flic. » Au lieu de se diriger vers la peinture, elle choisit de passer le concours pour devenir agent de la paix. « Je voulais un travail qui bouge, et qui m’apporte une certaine sécurité. Être fonctionnaire m’assurait un salaire régulier ».

« Distraite, mais consciencieuse »

Les choses n’ont pas été faciles. Au début du livre, « Sissi » raconte ses débuts à l’école de Fos-sur-Mer, où elle éprouve des difficultés à se soumettre à la discipline « quasi-militaire ». Malgré tout, elle persévère. « J’aime bien aller jusqu’au bout des choses importantes ! C’était un défi. Puis le propos n’est pas de dire que mon métier était une corvée, loin de là. Il était au contraire très excitant, avec les chasses nocturnes et les interpellations. »

De grade en grade et de poste en poste, « Sissi » prend de l’importance… Et se rend compte que son côté artistique n’est pas inutile. « Ça m’a toujours permis d’appréhender les choses avec un peu de recul. On voit beaucoup de choses horribles, mais j’arrivais à discerner d’autres détails. » Quand un poste se libère au Service local de police technique de Cannes, elle remercie son père de l’avoir initiée à la photographie. « J’étais assez douée pour prendre des photos, mais le côté enquête m’a aussi beaucoup plu. J’ai passé treize ans dans la police scientifique. »

Un témoignage comme une psychothérapie

Son livre, c’est une façon de mettre un point final à sa carrière. Confier ses plaies personnelles a « presque servi de psychothérapie ». Elle avoue aussi que le métier a « beaucoup changé : la pression des chiffres, c’est terrible. Les gens ont beaucoup changé aussi, on perd pas mal le respect envers la police ». La policière, qui a toujours fait son travail « dans l’esprit de rendre service », est régulièrement en dédicace à Valbonne.

L’œil du flic est disponible dans les librairies.

 Alex Perasso