Les oubliés de la grogne

Les échantillons ont dû attendre. Photo Photopedia

Les laboratoires d’analyse, partout en France, ont fermé leurs portes les après-midis du 5 au 9 novembre. Ils protestaient contre la baisse de leurs tarifs.

Les tarifs baissent de 5% par an depuis 7 années. Les laboratoires en ont marre. « La profession est en plein bouleversement », analyse le directeur d’un laboratoire cannois, qui a voulu garder l’anonymat. Des normes s’ajoutent, augmentant le travail des biologistes. Les laboratoires doivent donc fusionner pour continuer leur travail. Les tubes prélevés par les infirmières sont envoyés sur des plateaux techniques. « Les laboratoires sont devenus des boîtes de prélèvement, poursuit le biologiste. Pour nous, ce n’est pas encore le cas mais les autres laboratoires qui ne faisaient que cent prélèvements ont dû se regrouper. » Il y a de moins en moins de laboratoires indépendants.

« Les clients ont compris »

Les laboratoires ont fermé leurs portes tous les après-midis du lundi 5 au vendredi 9 novembre. « Ce n’est que la partie publique, nous avons envoyé toutes nos factures par papier à la sécurité sociale », admet le directeur avec un léger sourire. Les laboratoires étaient ouverts le matin, l’accueil téléphonique était assuré et les salariés continuaient à travailler derrière les rideaux baissés. « Les clients nous ont compris. De toute façon si les laboratoires avaient fermé toute la semaine, nos clients se seraient dirigés vers l’hôpital. »

« Je suis pessimiste »

Le gouvernement n’a pas répondu aux revendications des laboratoires. Leur grève a été très peu médiatisée, contrairement à celle des médecins et des chirurgiens. Il faut dire qu’ils sont moins en difficulté : « Nous sommes encore en progression, d’ailleurs nous avons ouvert un nouveau site. Je suis tout de même pessimiste quant à l’avenir de la profession. Quand je vois le peu de réaction qu’a entraîné notre mouvement », se désole le responsable du laboratoire. Selon le biologiste, le nombre de laboratoires ne dépasse pas les quelques milliers en France et les syndicats sont très divisés. Voilà la raison de leur manque de visibilité.

Les autres professions du secteur médical se mobilisent depuis le début du mois de novembre. Mardi 20 novembre, les internes sont descendus dans la rue pour défendre l’avenir de leurs métiers. Avec l’accord sur les dépassements d’honoraires et la proposition de loi sur les réseaux de soins, les professionnels de la santé voient les changements dans leur profession d’un mauvais œil.

Pour aller plus loin : Le PDF du projet de loi du financement de la sécurité sociale 2013

 Joséphine Thomas