Interview « croisés »

Malgré les blessures et la rééducation, la bonne ambiance reste au rendez-vous entre ces sportifs amateurs ou professionnels. Photo Mathilde Frénois.

Au CERS de Saint-Raphaël se côtoient sportifs de haut niveau et amateurs. Ils vivent différemment leur blessure, mais partagent la même passion du sport. Des liens d’amitié se créent entre les patients. C’est le cas de Samir, Julien et Sébastien.

Buzzles : Pourquoi êtes-vous au CERS de Saint-Raphaël ?

Samir alias « Sardine », joueur de football amateur aux Arcs : Je me suis « fait » les croisés. Ça fait maintenant un mois que je suis au CERS. Pour moi, c’est  vraiment le meilleur endroit pour revenir d’une blessure. Avant, j’arrivais à peine à plier ma jambe. Mon frère était déjà venu ici, ce qui a renforcé mon choix de venir. Lui aussi avait une rupture des ligaments croisés. Une sorte de blessure de famille.

Julien Kerneur, triple champion de kitesurf : C’est ma première blessure. Je me suis également « fait » les ligaments croisés et le ménisque. Je suis ici en postopératoire, ça fait un mois que je me suis fait opéré. Je dois rester un mois supplémentaire et je reviendrai une deuxième fois en janvier ou février, pour un retour à la compétition fin mars. J’avais le choix entre Cap Breton et Saint-Raphaël. J’ai préféré venir ici. A Cap Breton, l’ambiance est un peu trop mouvementée, moins sérieuse.

Sébastien Garain, joueur professionnel au Saint-Raphaël Var Handball : J’ai moi aussi une rupture des ligaments croisés. Mais j’ai déjà eu plusieurs blessures : le genou (6 mois d’arrêt), l’épaule (3mois), le dos (3 mois), le petit doigt (3 semaines)… (rires). J’ai choisi le CERS parce qu’en plus de la proximité avec le club, je retrouve ma kiné, Roro (Roselyne, la kiné référente des sportifs, ndlr). 

B : Comment vivez-vous votre blessure ?

J.K : Psychologiquement, ce n’est pas difficile pour moi. C’est la phase d’hiver, il n’y a pas de compétition. Donc ma blessure est tombée pile au moment où il fallait. En fait, mon séjour ici était un peu programmé. Quand je me suis blessé, j’ai continué la compétition. J’avais une attelle. J’avais le choix : soit je me faisais opérer et je loupais une saison, soit je continuais et j’essayais  de faire les compétitions malgré tout. J’ai quand même remporté le titre de Champion du monde. Je  sentais qu’il m’était possible de continuer. Mais sans genouillère, ce n’était pas possible. Mon genou ne tenait pas droit, il partait. Financièrement, ça ne change rien. Nos contrats nous permettent de percevoir encore nos salaires, que l’on soit blessé ou non. Je n’ai pas d’exercices spécifiques en tant que sportif professionnel. Après c’est toujours un plaisir d’être dans l’eau. C’est un peu mon élément !

Samir : J’ai moi aussi continué de jouer avec mes croisés. Je mettais une genouillère. Mais c’était difficile. Elle s’en allait tout le temps. Donc au bout de quatre mois, j’ai décidé de me faire opérer.

S.G : J’accepte mes blessures mais c’est dur. En plus, mon club est juste à côté. C’est la loi du sport !

B : Comment se passe votre rééducation ?

Samir : Mon programme, c’est préparation physique le matin et rééducation dans la piscine l’après-midi. Après trois semaines, j’ai déjà une meilleure amplitude au niveau du genou.

J.K : Moralement, le fait qu’il y ait une bonne ambiance me permet de vivre sereinement ma blessure. On rigole bien. Il y a toujours une pression pour revenir au plus vite à la compétition. Mais je sais que je suis un petit peu en avance par rapport aux statistiques. C’est un plus pour moi. Il ne faut pas non plus en faire trop car on risque de recommencer à zéro, à vouloir trop forcer. Il faut donc prendre son temps et écouter les conseils de Roro.

S.G : Ça fait quatre semaines, donc je commence doucement à plier, à faire des presses. Cette semaine, je vais commencer le vélo. Chaque chose en son temps. C’est la santé qui prime avant tout.  Je vise le retour à la compétition fin mai. Mais ça sera la fin de saison donc ce n’est pas sûr que je puisse jouer.

Propos recueillis par Hortense Reberat