André Villers : 60 ans d‘expériences photographiques

Une rétrospective qui donne à voir la photo sous un angle nouveau.

Une rétrospective qui donne à voir la photo sous un angle nouveau.

Au centre d’art de la Malmaison, l’exposition « André Villers, 60 ans de photographie » revient sur la carrière d’un photographe méconnu mais adoubé par ses pairs.

« Je ne m’intéresse qu’aux créations. Seuls les gens qui modifient m’importent » nous explique André Villers dans son autobiographie.  L’exposition du Centre d’art de la Malmaison à Cannes, consacrée aux 60 années de photographies de ce vieux copain de Picasso, ne le fait pas mentir. Au début, on se demande même si c’est bien de photos dont il est question. Des formes jetées ça et là, en négatif, et soudain, à travers les gouttes, un visage : celui de César Baldaccini, sculpteur français. André Villers est friand de la compagnie des artistes depuis qu’il découvre en 1953 la peinture et qu’il photographie Picasso, dont l’œuvre transparaît à travers ses photos. Elles pourraient tout à fait convenir à n’importe quelle exposition lambda mais non, Villers, lui, cisaille, coupe, colle pour incarner dans ses photos cette création qui lui est si chère. Ainsi on aperçoit au détour d’une rue un cheval de papier,  au bord d’un lac, tiens, les baigneuses de Picasso ! Le même, plus loin, regarde, hilare, un pantin en carton désarticulé dansant devant lui.  Villers dessine aussi, et là encore, on voit que Picasso avait raison quand il lui disait : « c’est moi qui t’ai mis au monde ». On sent le photographe inspiré par les tableaux du peintre. Une série de masques photographiques et c’est fini. On peut reprocher une chose à l’exposition : c’est trop court ! Mais intense.

Maxime Morin