Trois heures

Tic tac tic tac… le temps semble s’arrêter quand Virgina Woolf entre dans la rivière, les poches remplies de galets, et s’immerge entièrement à l’issue du film The Hours de Stephen Daldry. Après trois heures de sensations intenses, cette fin pourtant clairement annoncée dès le début choque. Tout dans ce film sorti en 2002 est affaire de choc, de collusions : entre plusieurs vies et  plusieurs histoires de femmes.

Un film en trois temps

Alors que Virginia Woolf écrit son livre Mrs Dalloway en 1920, Laura le lit dans les années 1950 et Clarrissa vit cette histoire de nos jours. Les heures pesantes de Laura, qui s’ennuie dans une vie familiale étriquée, font écho aux heures tumultueuse de l’écrivaine qui perd la raison et à celle trop chargée de Clarissa. Le destin de ces trois femmes liées par un livre va basculer en quelques heures. « Mrs Dalloway c’est une journée dans la vie d’une femme mais surtout une vie de femme dans une journée » explique Virginia Woolf. Cela est parfaitement rendu dans le film. On commence par prendre le thé le matin avec trois parfaites inconnues pour finalement découvrir trois vies, plutôt difficiles.

L’originalité dans la forme

Virginia Woolf ( Nicole Kidman ) écrivaine géniale mais en proie aux doutes et à la folie.

Virginia Woolf ( Nicole Kidman ) écrivaine géniale mais en proie aux doutes et à la folie.

La force de ce film réside dans le trio d’actrices impeccables : Meryl Streep en éditrice new yorkaise branchée et dépressive, Julianne Moore en femme au foyer suicidaire et Nicole Kidman ( affublée d’un grand faux nez ) en écrivaine folle. Le scénario pourrait paraître un peu dépassé et pas très original. Le procédé cinématographique qui consiste à mêler plusieurs histoires avec des raccords mouvements ou sons à été beaucoup utilisé. Mais dans ce film, il n’est pas superflu et permet aux trois héroïnes d’être différenciées plutôt qu’assimilées. La photographie est très travaillée pour rendre compte des trois époques différentes, les couleurs changent ainsi que le grain de l’image.

The Hours est aussi bon sur le fond que sur la forme, c’est un film littéraire qui malgré sa complexité est loin d’être rébarbatif. Il aborde des thèmes durs avec simplicité mais sans sensiblerie. Un chef-d’œuvre à voir et revoir sans compter les heures.

Bande annonce du film : 

Lucie Puyjalinet