Cécile, taxi en grève: « Les gens malades ont besoin d’être accompagnés »

Cécile, conductrice depuis 10 ans à Fréjus, insiste sur le rôle social des taxis dans le transport des malades. « Les gens malades ont besoin d’être accompagnés, pas d’être transportés dans des minibus comme du bétail », expliquait-elle jeudi, jour de grogne des taxis.

Pourquoi manifestez-vous?

Nous voulons préserver les transports médicaux pour les malades. Nous ne sommes pas ici pour des raisons individuelles. Les gens malades ont besoin d’être accompagnés, pas d’être transportés dans des minibus comme du bétail. A la fin d’un trajet, beaucoup de clients m’ont remercié de les avoir vraiment accompagné. Ma mère est décédée d’un cancer, et je trouve honteux qu’on essaye de changer ça.

L’enjeu n’est donc pas économique?

Bien sûr, nous voulons aussi préserver notre emploi car nous payons des charges, des impôts. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement veut supprimer le transport médical qui ne représente que 2% du budget de la Sécurité Sociale. De plus, en étant indépendant, nous avons 48% de charges que nous donnons au RSI (ndlr: le régime social des indépendants, rattaché à la Sécurité sociale).

Y a-t-il un problème de reconnaissance des taxis?

Les gens que l’on transporte, pour des traitements par exemple, nous disent souvent que nous faisons un métier fantastique. On discute avec eux, leur change les idées (…) Mais vous savez, même pour un transport touristique, on parle avec les gens, on leur parle de la région, de la ville (…) Nous avons trois mois de formation pour faire ce métier qui nous permettent, avec l’expérience, d’être sérieux et professionnels (…).

Propos recueillis par Théo Savary, Hassen Gallah et Arthur Gros