2ème journée du Tournoi des 6 Nations : des surprises qui n’en sont pas

Après une première journée qui semblait avoir dicté les grandes lignes de la compétition, les amateurs de rugby pensaient anticiper les résultats de la seconde. C’est manqué, car les surprises étaient au rendez-vous, et (mauvaise foi mise à part) en ont berné plus d’un.

L’Italie n’a pas confirmé

Les Ecossais ont su faire montre d'une redoutable furia offensive. Photo : DR

Les Ecossais ont su faire montre d’une redoutable furia offensive. Photo : DR

Qu’elle était belle cette Nazionale ! Encore toute heureuse d’avoir croqué le Coq français, on voyait mal comment la bande à Parisse pouvait trembler devant de timides Ecossais. Certains spécialistes (la rédaction de Buzzles y compris) voyaient ces Italiens s’envoler. Mais le Chardon écossais a dévoilé ses plus beaux piquants. La force de frappe offensive entraperçue lors du premier match face aux Gallois, a fait mouche cette fois. Finalement, quatre beaux essais, un score fleuve (34-10), et surtout des actions construites comme à l’école de rugby. En somme une bien belle impression laissée par ces Ecossais, qui ont montré les dents face à une Squadra Azzura pourtant toujours aussi fringante. Une chose est sûre, la cuillère de bois (la dernière place du Tournoi) qui était promise à l’Ecosse ne l’est plus totalement, devant le jeu affiché en tout cas.

Les Bleus ne se sont pas relevés

Les Bleus sont passés au travers, et nagent en eaux troubles. Photo : DR

Les Bleus sont passés au travers, et nagent en eaux troubles. Photo : DR

Une gifle d’entrée face à l’Italie, voilà qui devait piquer les Bleus de Saint-André dans leur orgueil. Personne n’imaginait les Français tendre l’autre joue, qui plus est face à des Gallois sans inspiration. Le Stade de France avait fait le plein, et les supporters tricolores… ne se sont pas régalés. Un match fermé, avec beaucoup de fautes de main, et le score à la pause (3-3) donnait un aperçu parlant d’une rencontre maussade. Des errements défensifs et des pannes d’inspirations offensives plus tard, l’issue du match semblait inéluctable. Le taureau gallois North ira ainsi en puissance déposer la défense française. Jamais les Bleus ne parviendront à s’en remettre (6-16). C’est un nouvel affront pour ce XV de France, insipide, sans âme ni solution, à des années-lumière de l’équipe flamboyante des tests de novembre. La frime est passée, place à la frousse. Philippe Saint-André résume la situation catastrophique dans les colonnes du quotidien L’Equipe « Nous ne faisons rêver personne. » Les voyants sont donc au rouge avant de se lancer, avec un fort goût de rédemption, dans un Crunch à Twickenham, le 23 février prochain.

Les Anglais roulent à l’électrique

Un choc entre frères ennemis anglais et irlandais, c’est toujours l’assurance de voir du rugby respirant le musc et la bombe antichoc. Celui qui a été servi sur le pré irlandais n’a pas trahi cet adage. Des chocs monstrueux, quelques marrons échangés dans les règles de l’art pugilistique, et surtout une intensité digne de ce nom. Et quand l’électricité monte dans les volts, c’est toujours ces diables d’Anglais qui s’en sortent. En s’imposant au terme d’un match âpre comme ils les aiment (6-12), les hommes de Martin Johnson ont pris une grosse option et se placent sur la voie royale d’un Grand Chelem. Ils sont d’ailleurs les seuls à pouvoir encore y prétendre, car chacune des cinq autres équipes a connu la défaite. Les Irlandais quant à eux n’ont pas démérité, et sauteront sur le moindre faux pas du XV de la Rose.

Les Anglais et leur "fighting spirit" se placent comme les favoris au titre. Photo : DR

Les Anglais et leur « fighting spirit » se placent comme les favoris au titre. Photo : DR

Rendez-vous dans deux semaines pour la suite de la compétition, avec Galles-Italie (15h30 le 23/02), le choc Angleterre-France (18h le 23/02) et Ecosse-Irlande (15h le 23/02).

Nathan Gourdol