Des solutions pour les jeunes entrepreneurs azuréens

Créer son entreprise dans les Alpes-Maritimes est difficile, surtout pour les jeunes.

« Surtout ne t’éparpilles pas, fixe bien tes objectifs… » Les conseils fusent à l’antenne Niçoise de l’Adie ce mardi 5 janvier. Dans le cadre de la semaine du microcrédit, cette association de financement de projets a organisé des cafés créateurs où les jeunes entrepreneurs ont pu discuter pour partager leurs expériences. « C’est beaucoup plus dur de créer son entreprise dans les Alpes-Maritimes, surtout pour les jeunes », constate Sabrina, 29 ans, à la tête de NewsEvent depuis six mois, une entreprise d’évènementiel. En effet, seulement 14% des chefs d’entreprise dans les Alpes-Maritimes ont moins de 30 ans. Age moyen de l’entrepreneur azuréen : 48 ans. Un record dans la région où un tiers d’entre eux ont plus de 55 ans.

« Je n’étais pas assez préparée »

Sabrina a pris les choses en main : « après la perte de mon emploi, j’ai tenté une première fois de monter ma boîte. Je n’étais pas assez préparée et ça a été un échec. » Elle a alors contacté l’Adie qui lui a proposé la formation « CréaJeunes ». D’une durée de deux mois et gratuite, elle est seulement accessible aux personnes de 18 à 32 ans. « Les secteurs porteurs du département comme l’artisanat, le service à la personne et l’évènementiel sont extrêmement concurrentiels. Il faut réussir à se démarquer, à être original. L’Adie m’a aidé à ce niveau-là » rajoute-t-elle. Sabrina espère faire partie des 68 % d’entreprises suivies par l’Adie et pérennes après 3 ans. Elle a déjà organisé des soirées privées à Cannes, dont une au Martinez lors des NRJ Music Awards.

Les jeunes créateurs sont venus se renseigner auprès de l’ADIE Photo : M.M.

Les jeunes créateurs sont venus se renseigner auprès de l’ADIE. Photo : M.M.

L’association propose aussi des aides financières avec des microcrédits allant jusqu’à 10 000 euros. Notamment pour « les exclus du système bancaire » explique Eric Bauts, l’un des salariés de l’antenne. « On étudie la viabilité du projet et la situation de la personne. » Chesley Joseph, 30 ans, fait partie des candidats qui ont pu bénéficier de ces aides. Seulement 20 % des demandes aboutissent. Lui avait besoin de 10 000 euros pour pouvoir ouvrir son salon de thé, « le Shainzlah », à Cannes la Bocca. « Je ne dégage pas encore de salaire mais je commence à avoir de la clientèle. C’est dur mais il faut surtout avoir très envie », explique-t-il.

Manque d’expérience

« Dans tous les cas être jeune est une difficulté, il faut faire ses preuves, on n’est pas pris au sérieux. » Jérémy Gravière a fondé sa propre société avec trois amis, en 2010. Il avait 22 ans. Aujourd’hui il est co-gérant et s’occupe de la partie commerciale de GreenConcess, une entreprise de location de véhicules propres. « On a été plutot bien accueillis sur la Côte d’Azur, la pépinière d’entreprise Avec nous a conseillé et suivi » raconte-t-il.

L’institut régional pour la création d’entreprise œuvre aussi dans ce sens. Denis Margaillan, son responsable à Nice, est catégorique : « le problème avec les jeunes créateurs, c’est le manque d’expérience, que ce soit dans la vie ou dans le métier. » Parmi les 70 projets aidés par l’institut, au niveau de l’accompagnement ou de la mise en réseaux, il évalue à seulement 15 % le nombre de créations portés par des personnes de moins de 25 ans.

Maxime Morin et Christophe Napoli