Le préservatif, c’est plus automatique

La baisse de la protection inquiète.

Pas de préservatif dans les discussions. Photo : J.K.

Pas de préservatif dans les discussions. Photo : J.K.

« Je ne veux pas d’enfants, moi ». Margaux, lycéenne à Cannes, a conscience de l’importance de se protéger lors d’un rapport sexuel. En oubliant un détail, gênée : « Ah oui, c’est aussi contre les MST, c’est vrai ! ». Une réponse qui n’est pas une exception chez les jeunes. « Pour eux, le préservatif est devenu un moyen de contraception, plus que de protection contre les maladies sexuellement transmissibles », constate Eva Bosi, psychologue pour adolescents.

« C’est inquiétant »

Les MST restent une problématique majeure. Pour preuve, en 2012, 150 000 français étaient porteurs du VIH. Pire : 30 000 personnes ignoraient l’être. « Le Sida est malheureusement entré dans les mœurs », regrette la psychologue. « La maladie paraît moins dramatique qu’il y a 20 ans, surtout pour les jeunes », précise Karine Mastchenko, membre du Crips (Centre régional d’information et de prévention du Sida) de Nice. En 1994, les 18-30 ans avaient le niveau de connaissance sur le Sida le plus fort par rapport au reste de la population. En 2010, ils sont les moins informés selon l’enquête « Baromètre santé jeunes 2010 », que nous nous sommes procurés.

Face à cela, les associations s’activent. « On intervient surtout dans les CFA et les lycées professionnels pour une meilleure information », explique Karine Mastchenko. « On doit valoriser l’acte sexuel protégé. »

Thibaut Carage et Jalal Kahlioui