Henri Guaino, l’ombre gaulliste de Sarkozy

Henri Guaino s’est rendu le 13 février dernier à Nice, en terre UMP, pour une discussion avec le journaliste Denis Tillinac. Une réflexion menée face à un public niçois en admiration, qui a applaudi l’ancien conseiller spécial du président Sarkozy, dès son entrée. Le député des Yvelines a présenté au Centre Universitaire Méditerranéen sa vision de la politique française contemporaine avant de revenir sur le système médiatique.

Henri Guaino sait qu’il est face à un public acquis à sa cause. Il n’hésite pas à commencer son dialogue en revenant sur le débat concernant le mariage pour tous. « Je suis fatigué à cause de ce débat », lance-t-il avec une certaine amertume. La loi a été approuvée lors du premier vote à l’Assemblée Nationale. Mais il prévient qu’il se battra pour obtenir un référendum concernant le mariage pour tous. Un référendum souvent utilisé par De Gaulle. « J’ai toujours été habité par De Gaulle », confie Henri Guaino, en fervent gaulliste. Comme le premier président de la Vème République, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy s’oppose au système des partis politiques.

Henri Guaino dans l’enceinte du Centre Universitaire Méditerranéen de Nice. Photo : N.D.

Henri Guaino dans l’enceinte du Centre Universitaire Méditerranéen de Nice. Photo : N.D.

Et quand le journaliste Denis Tillinac interroge Henri Guaino sur le clivage droite/gauche, l’élu UMP cite fièrement le Général, son héros : « La France ce n’est pas la droite, la France ce n’est pas la gauche, la France c’est tous les Français. » Il précise le fond de sa pensée : « Les valeurs n’appartiennent pas à un parti. Traditionnellement, on dit que la droite c’est l’ordre et la gauche c’est le mouvement. Mais la Sécurité sociale, c’est De Gaulle qui a permis qu’elle soit construite. Le clivage droite/gauche n’a pas de signification. » Pour faire de la politique c’est-à-dire « faire quelque chose avec les autres avec ses convictions pour son pays », Henri Guaino ne trouve que le moyen médiatique pour transmettre ses idées, « même si c’est difficile et déformé parfois par les médias, on a pas le choix. »

« La persécution permanente des médias »

Lorsque l’homme le plus proche de Nicolas Sarkozy, pendant le quinquennat, évoque cette vision des médias, il ne peut s’empêcher de penser au traitement médiatique des dernières élections présidentielles. « Il y a eu un combat par une bonne partie de la presse contre Nicolas Sarkozy, constate-t-il avant de nuancer, mais ce n’est pas ça qui a fait perdre les élections. » Il accuse surtout les médias de « persécutions permanentes » de la vie privée des hommes politiques. « Durant ces cinq ans, le problème c’était les attaques personnelles contre Nicolas Sarkozy », précise-t-il. Même s’il avoue concernant l’épisode du « Casse-toi pov’ con » : «  Le président de la République ne peut pas se permettre de montrer ses sentiments. C’est vrai qu’il était impulsif mais il est comme ça. » Malgré tout, pour Henri Guaino, les médias sont essentiels pour transmettre un message politique aux Français. Une attitude semblable à son idole, le Général de Gaulle, qui avait une présence médiatique importante.

Nicolas Dendri