De Rio à Venise, l’habit ne fait pas le moine

D’origine chrétienne, le carnaval était synonyme pour les croyants d’une ultime fête gargantuesque où tous les excès étaient permis avant le Carême, période de jeûne de quarante jours. Aujourd’hui, si le caractère religieux a disparu, loups et autres apparats sont toujours de mise pour garantir l’anonymat des individus. Car carnaval rime avec facéties et confusion des classes sociales. Une recette qui réunit chaque année de plus en plus de monde. Focus sur trois des plus célèbres d’entre eux.

Carnaval de Québec : le plus hivernal

Le Bonhomme Carnaval est la mascotte du Carnaval de Québec. Photo : DR

Le Bonhomme Carnaval est la mascotte du Carnaval de Québec. Photo : DR

Le Carnaval de Québec est le plus grand carnaval d’hiver au monde. En termes de fréquentation, il atteint la troisième place, juste après le Carnaval de Rio de Janeiro et celui de la Nouvelle-Orléans ! Prisée par les journalistes et les fêtards invétérés (qui ne font parfois qu’un), son édition 2013 a rassemblé plus de 700 000 personnes. Bravant le froid, elles ont assisté aux festivités organisées par la ville du 1er au 17 février : défilés de nuit et bains de neige par -20 degrés, le tout sous la bienveillance de Bonhomme Carnaval, l’icône de l’évènement. Le Carnaval de Québec est également connu pour abriter en son sein l’International de sculpture sur neige qui réunit des sculpteurs amateurs ou professionnels du monde entier.

La construction du Palais des Glace a nécessité quelques 9 000 tonnes de neige. Photo : site officiel

La construction du Palais des Glace a nécessité quelques 9 000 tonnes de neige. Photo : site officiel

Carnaval de Venise : le plus élégant

Marta Finotto a fait le grand saut. Photo : Andrea Morela pour Maxppp

Marta Finotto a fait le grand saut. Photo : Andrea Morela pour Maxppp

On manque d’adjectifs pour décrire il Carnevale di Venezia. Mythique et romantique, il fait vibrer la Cité des Doges depuis le Moyen-Age. La presse, cependant, n’a pas manqué de faire remarquer que le Carnaval avait perdu de son âme. Il est vrai que le temps a mis fin à des coutumes étonnantes : jadis les Vénitiens jetaient des œufs sur les filles au physique jugé peu attrayant ! Tout de même, 70 000 afficionados se trouvaient près du campanile de la Basilique Saint-Marc, dimanche 3 février, pour le coup d’envoi officiel du Carnaval qui, cette année, était placé sous le thème de la couleur. Le « Vol de l’Ange » est une tradition italienne qui marque pour les Vénitiens le début de dix jours de festivités. Une jeune femme, assurée par des cordes métalliques, saute du campanile de Saint-Marc jusqu’à une estrade installée sur la place. Pour cette année, il en incombe à Marta Finotto, étudiante vénitienne de 20 ans, d’être l’ange du Carnaval. Ce dernier s’est clos avec la traditionnelle élection du « masque le plus beau ».

Carnaval de Rio de Janeiro : le plus fastueux

Photo : Pilar Olivares pour Reuters 

Photo : Pilar Olivares pour Reuters

Le Sambodrome, l’enceinte où l’on assiste aux plus grands défilés, a une nouvelle fois attiré les foules. Plus qu’un évènement touristique majeur pour l’économie du pays (les places coûtent entre 60 et 1300 euros la soirée), le Carnaval de Rio signifie beaucoup pour les « cariocas » (les habitants de Rio, nldr). D’abord car il est synonyme d’allégresse. Durant toute la période du Carnaval (6 défilés majeurs répartis sur un peu plus d’une semaine : du 8 au 16 février), les clefs de la ville sont remises au Roi Momo, dieu de la moquerie dans la mythologie grecque. Le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, lui cède alors ses responsabilités et les questions politiques sont mises de côté. Ensuite, parce que la samba, LA musique du Carnaval, est aux Brésiliens ce qu’est le blues aux noirs américains. Mais le Carnaval de Rio n’est pas une simple fête. Le Sambodrome abrite la plus grande compétition de danse à ciel ouvert. Douze écoles de samba réparties en six groupes (le groupe « Or » ainsi que des groupes répertoriés de A à E) se mènent une compétition acharnée. Chaque année, à l’issue des défilés, le classement est remanié et retransmis à la télévision. L’école Vila Isabel s’est imposée en grande championne de cette édition en rendant hommage aux travailleurs de la terre. Le Carnaval a pris fin avec le défilé samedi dernier du groupe d’Or regroupant l’école nommée championne et l’école vice-championne. Ce défilé a été retransmis en direct à la télévision brésilienne. Plus de 900 000 touristes brésiliens et étrangers avaient fait le déplacement pour l’occasion, selon la mairie. On aura notamment aperçu Vincent Cassel, Will Smith, Kanye West ou encore Psy, invité d’honneur.

Une danseuse de l’école Vila Isabel. Photo : site officiel

Une danseuse de l’école Vila Isabel. Photo : site officiel

Méline Escrihuela