En route vers les Oscars : Happiness Therapy

A l’occasion de la 85ème cérémonie des Oscars qui se tiendra dimanche 24 février à Los Angeles, Buzzles se concentre sur les films nominés dans la catégorie « meilleur film « . Aujourd’hui, Happiness Therapy (Silver Linings Playbook) de David O. Russell. 

L'affiche française du film.

L’affiche française du film.

Pat (Bradley Cooper) sort enfin de l’institut psychiatrique, à quelques conditions : il vivra chez ses parents, devra voir régulièrement son thérapeute, et il a l’interdiction d’approcher ou d’entrer en communication avec Nikki, son ex-femme. Tiffany (Jennifer Lawrence), elle, est veuve depuis peu de son mari policier et a perdu son travail après avoir couché avec presque tous ses collègues. C’est la rencontre des deux énergumènes et l’évolution de leur relation que David O. Russell a filmé, magnifiquement. Les « labels de qualité » ne manquent pas : 4 nominations aux Golden Globes dont celui de la meilleure actrice remporté, 4 nominations aux Screen Actor Guild Awards et un trophée de plus pour Jennifer Lawrence, 8 nominations aux Oscars, 3 à leur équivalent britannique des BAFTA, une note de 8,1/10 sur IMDB, et bien d’autres. Vous l’aurez compris, Happiness Therapy est un des grands films de ce début d’année.

Une double tête d’affiche qui ne fait qu’un

Jennifer Lawrence et Bradley Cooper ne partagent pas que la couleur magnétique de leurs yeux, ils maîtrisent l’écran à deux, l’envahissent, et nous captivent. Pourtant, leur collaboration et son succès n’étaient pas une évidence! Bradley Cooper s’est fait connaître du grand public avec Very Bad Trip, une comédie hollywoodienne qui touche surtout un public d’adolescents et jeunes adultes. Puis il a fait sensation dans Limitless, bien plus sérieux et bien moins drôle. Quant à Jennifer Lawrence, 22 ans seulement, elle a explosé en 2012 avec le premier volet de la trilogie Hunger Games, s’offrant l’affection d’un public plus jeune, qu’on pourrait comparer à celui de la saga Harry Potter. Si elle est dans la course aux Oscars cette année, ce n’est pas son coup d’essai. L’Academy l’avait déjà choisie en 2010 pour son rôle dans le glaçant Winter’s Bone. Finalement, peu importe que tous les deux aient été propulsés sur le devant de la scène par de grosses productions américaines, laissant dans l’ombre leurs précédents (et meilleurs) films. Ce qui importe, c’est la manière dont chacun met l’autre en valeur dans celui-ci. C’est là la force de cette tête d’affiche : nous sommes face à deux acteurs de renom au talent immense qui ne se font pas d’ombre, mais se mettent réciproquement en lumière.

La juste mesure

L’autre atout du film, c’est l’équilibre. Les personnages centraux ont chacun une véritable obsession. Tiffany veut participer à une compétition de danse, Pat fait tout pour redevenir l’homme parfait et séduire Nikki à nouveau. Son père Pat Senior, incarné par Robert De Niro, a une passion un peu trop vive pour le football américain et les paris financiers qui l’accompagnent. Pourtant, malgré des personnages aux caractères très spéciaux, on ne tombe jamais dans la surenchère. Atteindre cette justesse a demandé beaucoup de travail et d’investissement à toute l’équipe, et les efforts ont payé. Le film est drôle sans essayer de l’être : pas de vanne mal placée, aucune lourdeur ni longueurs. Tout comme il peut vous attirer une larme au coin de l’oeil sans que vous ne vous en rendiez compte. Vous vous direz peut-être que « c’est un film de tarés ». En vérité, c’est un film humain sur des êtres humains tout ce qu’il y a de plus « normal », avec leur part de folie. 

Lucie Hovhannessian

Note : Cette critique avait originellement été publiée sur Buzzles en  janvier 2013.