Les Etats-Unis face à l’austérité

Le rêve américain est bien loin. En début d’année, les États-Unis avaient déjà tremblé à l’annonce du mur budgétaire. Finalement on avait échappé au refus du vote du budget par la majorité républicaine du Sénat. Mais ce samedi 2 février, le Président Obama n’a pas pu convaincre les Républicains de voter et des coupes budgétaires importantes vont devoir être mises en œuvre.

Obama

Barack Obama et John Boehner. Photo: Reuters

Accusés et accusateurs

Le parti Républicain, par la voix de son leader John Boehner (membre de la chambre des représentants au congrès), a fortement critiqué Barack Obama. Il accuse le président américain de parcourir les États-Unis depuis deux semaines aux frais du contribuable pour promouvoir le vote de son budget plutôt que de s’asseoir et travailler avec les sénateurs afin de proposer un budget « acceptable ». Barack Obama, lui, s’est exprimé en direct de la Maison Blanche après la réunion avec les représentants du Congrès. Il accuse les républicains, et qualifie de « stupides » les coupes budgétaires. Il a ajouté qu’il n’était pas un dictateur et qu’il ne pouvait pas forcer le Congrès à prendre les bonnes décisions. Le président américain s’est montré grave et a annoncé aux classes moyennes américaines que ces coupes budgétaires allaient les toucher directement. Des coupes budgétaires de 85 milliards de dollars que le président Obama juge superflues. Il s’en prend à Boehner et l’accuse de faire passer ses impératifs politiques avant les familles américaines.

Une importante crise sociale et économique

Les conséquences économiques et sociales de ce mur budgétaire vont être très importantes. Les coupes représentent 8% du budget de la défense et 5% du budget d’autres postes. Le président Obama a d’ores et déjà annoncé lors de son discours que les services publics seraient fortement touchés, des centaines de milliers de personnes ont déjà été mises en congés. Les conséquences de ces « congés » forcés et licenciements auront un impact au quotidien sur plusieurs secteurs : contrôle aérien, contrôle des douanes à l’entrée du territoire, personnel des parcs nationaux, éducation, recherche, armée. Par exemple dans l’éducation, il y aura moins d’instituteurs et aussi moins de bourses allouées aux étudiants. Par ailleurs, dans la recherche, des lignes budgétaires sont déjà fermées et des programmes en cours vont s’arrêter.

Une situation bloquée ?

Est-ce que cette situation va durer encore longtemps ? On peut penser que oui. Ces coupes budgétaires dans les services publics en général ne posent pas de problème aux républicains quelles qu’en soient les conséquences sociales. Un sentiment bien retranscrit par les réactions et commentaires de John Boehner suite à la réunion de crise avec Barack Obama. Cette évolution vers moins de services publics semble au contraire le satisfaire. C’est la politique que les républicains veulent mettre en place depuis de nombreuses années pour mettre fin à ce qu’ils appellent l’État providence. On veut tirer un trait sur le modèle économique et social mis en place par Franklin Delano Roosevelt après la Seconde Guerre mondiale. Reste à savoir qui sortira vainqueur : Obama ou les républicains ? Combat à suivre.

Nicolas Longhi