L’affaire Dalmasso de retour devant les assises

Quatre ans après un procès qui n’est pas allé à son terme, l’affaire Dalmasso est réexaminée par la Cour d’Assises des Alpes-Maritimes.

P1020345Christophe Dalmasso, homme d’affaires niçois de 34 ans, disparaît le 2 septembre 2003. Son corps est retrouvé l’année suivante sur la plage de Golfe-Juan. Chose rare, le principal accusé n’est pas présent à son procès.
Un box des accusés vide, c’est l’image marquante de ce début de procès. Le meurtrier présumé de Christophe Dalmasso, Edno Borba da Silva, un ressortissant brésilien de 38 ans, est en fuite depuis 2010. Retourné dans son pays natal, il sera jugé par contumace (verdict rendu en l’absence de l’accusé). Néanmoins, trois autres personnes comparaissent devant les juges. Wissem Kraïem, Tunisien au physique frêle, aurait aidé Borba da Silva à se débarrasser du cadavre. Les deux autres, Alexandre Nouschi, Bolivien, et Krystian Amartys, un Polonais de 31 ans, auraient récupéré puis incendié la berline de l’homme d’affaires. Lucie Dalmasso, fille adoptive de la victime et soupçonnée un temps d’avoir participé au meurtre, ne fera son apparition que lundi prochain. Le procès doit durer deux semaines.

Une révélation dès le deuxième jour

C’est nerveux, hésitant et la voix tremblante que Wissem Kraïem s’est présenté devant les jurés. Bégayant et visiblement peu sûr de lui, il a reconnu avoir transporté deux des six sacs contenant les morceaux du corps de Christophe Dalmasso. S’il a changé plusieurs fois de versions avant d’avouer avoir transporté le corps, Wissem Kraïem a dit ne garder que peu de souvenirs de ce moment. Une amnésie qui a provoqué la colère de la présidente de la Cour, passablement agacée par les hésitations du présumé complice. Kraïem a semblé minimiser son rôle, confessant sa peur de se voir accusé du meurtre de l’entrepreneur cannois. S’il a désigné Borba da Silva comme l’instigateur du transport du corps, il n’a cependant pas apporté de précisions sur les circonstances de la mort. Lorsque l’avocat général le presse d’avouer plusieurs rencontres avec Borba Da Silva, dont la dernière aurait eu lieu la veille de la disparition de Christophe Dalmasso, Wissem Kraïem suspend la salle dans un silence troublant. A ce moment, la voix de Renée Dalmasso, la mère de la victime, s’élève. Elle exhorte Kraïem à dire la vérité. En attendant la reprise de l’audience mercredi matin, le box des accusés reste vide et le mystère entier.

Renée Dalmasso, la mère de la victime âgée de 72 ans, semblait très tendue et affaiblie. Elle souhaite que ce procès soit le dernier, et que la vérité soit enfin rétablie.

Wissem Kraïem, le présumé complice de l’accusé Edno Borba, a nié avoir participé à l’assassinat de Christophe Dalmasso.

Muriel Traqui, la cousine de Christophe Dalmasso, assiste elle aussi à l’audience.

Simon Hue
Vincent Jezioro