Regain de violences en Egypte suite aux condamnations

Il y a une semaine, samedi 9 janvier, le verdict tombait concernant les inculpations suite au drame du match de foot qui avait fait 74 morts l’année dernière en Egypte. Les manifestations meurtrières qui agitent depuis quelques semaines les régions de Port-Saïd et du Caire se sont multipliées.

Un match de football en février 2012 entre l’équipe de Port-Saïd Al-Masri et celle du Caire Al-Ahly avait dégénéré dans un déferlement de violences qui avait causé 74 morts, dont une très large majorité de supporters d’Al-Ahly.

Des violences qui n’ont pas cessé depuis l’ouverture du procès

Le procès s’est ouvert il y a quelques semaines avec 73 inculpés sur les bancs. Et depuis ce moment, les tensions n’ont fait qu’augmenter entre les forces de police de Port-Saïd et ses habitants au vu des chefs d’inculpations qui se dirigent presque exclusivement sur les supporters de l’équipe de foot Al-Masri. En effet on ne croit pas à la responsabilité des supporters, mais plutôt à celle de policiers ou de partisans d’Osni Moubarak, l’ancien président déchu, venus attiser les violences. En janvier la cour prévoyait une vingtaine de peines capitales et les manifestations, suite à cette annonce, avaient fait une quarantaine de morts. Une condamnation jugée trop clémente par les supporters d’Al-Ahly, les Ultras, pour les violences faites à leur égard sous le regard de policiers restés passifs. Des altercations, aussi, entre policiers et civils à Port-Saïd qui ont conduit à un accord entre les citoyens, le 27 février, pour une désobéissance civile. Cette désobéissance civile avait également pour but d’amener la démission du président Egyptien Mohamed Morsi.

Les supporters des équipes opposées mécontents

Le tribunal du Caire a rendu le verdict ce samedi 9 mars : les 21 condamnations à morts du côté des supporters de l’équipe de Masri (Port-Saïd) ont été confirmées. Sur les 9 policiers inculpés, 7 ont été acquittés. Les violences se sont alors décuplées et les habitants du Caire ont incendié le QG de la Fédération Egyptienne de Football ainsi que le club de football de la police. Les Ultras se sont ensuite dirigés vers le ministère de l’Intérieur, proche de la place Tahrir pour protester.

Les habitants de Port-Saïd, eux, ont manifesté pour les proches tués la veille lors d’altercations avec la police et dénonçaient ce samedi la lourdeur des peines, réclamant « l’indépendance pour Port Saïd ».

Léa Reguillot

Légende photo : Les rues de Port Saïd embrasées lors d’altercations avec la police. Photo : Mostafa Darwish/AP