Johan Micoud, défenseur du sport féminin

En marge de la rencontre Cannes-Hainaut comptant pour la 20ème journée de la Ligue A de volley féminin, un spectateur attirait tout particulièrement l’attention dans les tribunes du Palais des Victoires. L’homme, discret, venait tout juste de donner le coup d’envoi de la rencontre, quand il a pris place aux côtés de la présidente Anny Courtade.

Le mystérieux personnage en question est loin d’être un inconnu. Et tout amateur de football digne de ce nom l’a reconnu au premier coup d’œil : Johan Micoud. L’ancienne gloire du ballon rond français est en effet venu soutenir les Cannoises pour ce match, avec sa fille passionnée de volley.

Un beau cadeau

Photo Ravva-Micoud

La capitaine Ravva pose aux côtés de Johan Micoud, la photo souvenir vaut le détour.
Photo: N.G.

Le natif de Cannes avait fait la promesse de l’emmener un jour voir jouer les azuréennes, pour qu’elle se rende compte du véritable niveau de ses idoles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la partie rythmée (voir le résumé ici) a comblé père et fille. Le footballeur a également pu se remémorer les bons moments de ses tout premiers matchs avec l’AS Cannes, juste à côté, sur le stade Pierre de Coubertin. Le champion d’Europe 2000, 17 sélections en Bleu (1 but), passé par Cannes, Bordeaux, Parme et le Werder de Brême, n’a pas boudé son plaisir.
L’envie d’aller cueillir l’ancien champion à chaud pour le soumettre à un « interrogatoire » sport féminin était trop forte. Entretien.

Un extrait  de l’interview :

L’interview complète :

Johan, pourquoi étiez-vous présent ce soir ?
Parce que ma fille joue au volley à Mérignac dans une banlieue bordelaise, et je lui avais promis que si on était dans la région et qu’il y avait un match de Cannes on essaierait de venir, pour voir l’attitude des joueuses. Sachant que le club fait partie du top européen, c’était un plaisir.

Votre avis sur ce match ?
Cela a permis au coach de faire tourner, parce que les Cannoises étaient au-dessus par rapport à Hainaut. C’était l’occasion de permettre à tout le monde de jouer avant les phases finales, c’est l’essentiel.

Vous suivez l’actualité du volley féminin ?
Je regarde de temps en temps, surtout Cannes. Je suis né ici, et je venais voir jouer les hommes et les femmes à l’époque. Et depuis, je les suis toujours, parce qu’elles ont de très bons résultats en plus.

En tant qu’ancien footballeur professionnel, quel regard portez-vous sur le foot féminin ?
Cela me plaît beaucoup, je trouve que l’Équipe de France est belle à voir évoluer. Je regarde les grandes compétitions, et à chaque fois elles ont été performantes. En plus, elles proposent un super beau jeu, donc c’est vraiment sympa. Le foot féminin, c’est vrai qu’au début j’étais un peu réticent. Mais quand on les voit maintenant, avec ce style de jeu, je suis assez fier de les voir jouer.

Pensez-vous que la place du sport féminin peut évoluer dans les médias ?
Je l’espère en tout cas. Je préfère par exemple regarder un match de volley féminin plutôt que masculin, parce que je trouve qu’il y a plus d’échanges, que c’est moins rapide et donc plus appréciable. Il va falloir des équipes phares, gagner un grand titre à un moment donné, pour qu’on en parle un peu plus en France. A chaque fois, dans les grands journaux, dans L’Équipe par exemple pour ne pas le citer, même dans les grands événements il n’y a que des petits encarts minuscules. Sur les volleyeuses cannoises qui sont pourtant impressionnantes, c’est pareil. Il reste un gros travail à faire là-dessus. Au niveau médiatique, il y a un monde entre le sport masculin et féminin.

Enfin, pour terminer, vous comptez revenir bientôt voir les volleyeuses cannoises ?
J’essaye de redescendre le plus souvent possible. Là cela tombait bien, c’est assez rare pour être souligné. Ma fille adore ça, je trouve que c’est un sport sympa pour les filles. Donc on reviendra dès que possible.

Un article à retrouver sur Femmesdesports.

Nathan Gourdol
Axel Bluteau