Bluecar : après Paris direction Bordeaux

L’industriel français Vincent Bolloré a annoncé la nouvelle il y a quelques mois, lors d’une conférence de presse. A l’automne prochain, les Bordelais pourront à leur tour, après les Parisiens, se mettre au volant de la petite voiture électrique grise (comme son nom ne l’indique pas)… Bluecar.

Selon l’industriel, il ne lui faudra que neuf mois pour installer dans la capitale de l’Aquitaine une cinquantaine de stations et y déployer une centaine de voitures. Vincent Bolloré, rencontrait son ami Alain Juppé (UMP), maire de la ville, quelques jours après cette annonce, avant de s’apercevoir que l’ancien Premier ministre partage le pouvoir, à Bordeaux, avec la puissante Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), dirigée par le Parti socialiste et Vincent Feltesse. Le chef d’entreprise est tout de même parvenu à se mettre les deux hommes (et rivaux pour la municipale de 2014) dans la poche.

La Bluecar du groupe Bolloré. Photo : DR

La Bluecar du groupe Bolloré. Photo : DR

Rentable dans quatre ou cinq ans 

Le réseau ne fera pas comme à Paris, c’est-à-dire selon une délégation de service public, mais les bornes seront installées suivant une simple autorisation d’occupation temporaire du domaine public. Il s’agit du même fonctionnement dont bénéficient les terrasses de café. L’investissement, de l’ordre de 20 millions d’euros, serait rentabilisé « dans quatre ou cinq ans », a affirmé l’industriel en visite à Bordeaux. Les conditions posées par la Ville et la CUB semblent avoir été acceptées par Bolloré. C’est ce que rapporte Clément Rossignol (EELV), vice-président de la CUB en charge des déplacements alternatifs : « Le système devra porter un autre nom qu’Autolib’ et nous voudrions choisir l’emplacement des stations, afin que le réseau soit compatible avec les transports en commun et Autocool. » Autocool c’est le système d’autopartage bordelais qui existe déjà dans la capitale de l’Aquitaine depuis 2008.

Le « Blue » est un gouffre financier

Malgré les difficultés de la branche « blue », Vincent Bolloré tente le pari. Photo : DR

Malgré les difficultés de la branche « blue », Vincent Bolloré tente le pari. Photo : DR

Un abonnement unique, valable pour tous les modes de transport, tramways, bus, VCub (vélo partagé), Autocool ainsi que les Bluecars, c’est l’une des volontés des élus. Selon Clément Rossignol, la CUB devrait gagner sur tous les tableaux car « les dirigeants de Bolloré sont pleins de bonne volonté. » Pourtant l’industriel est conscient que la partie n’est pas gagnée. La division « Blue Solutions » de son groupe, qui comprend Autolib’ ainsi que des activités de stockage d’énergie, reste pour l’instant un gouffre financier. Malgré un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros et 669 millions de bénéfices, la division ‘Blue’ présente, elle, un chiffre d’affaires de 215 millions qui se traduisent par 350 millions de pertes. « Autrement dit, c’est un tout petit truc qui fait une énorme perte », admet le patron. En attendant, l’aventure continue sur les bords de la Garonne. Et bientôt entre Saône et Rhône.

Roman Ardeois

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