Protection des données : la CNIL s’en prend à Google

Mardi 2 avril,  la Commission nationale de l’informatique et des libertés et cinq autres organisations européennes ont décidé d’attaquer Google. Après une première mise en garde en 2012, le géant américain n’a toujours pas réformé sa politique de confidentialité.

Le 27 octobre 2012, 29 pays européens ont exigé du groupe américain d’apporter, dans un délai de quatre mois, des modifications à sa politique de vie privée. Ce premier avertissement vise les nouvelles règles de confidentialité adoptées par Google en mars 2012. La CNIL française les a jugées « non-conformes avec  la directive européenne Informatique et Libertés, qui vise à protéger le droit à la vie privée ». Selon cette même autorité, Google « n’aurait adopté aucune mesure », suite à la demande européenne. Mercredi 2 avril 2013 La Commission nationale de l’informatique et des libertés a donc décidé d’engager « une action répressive concertée » contre la société américaine, avec l’aide de cinq autres autorités européennes similaires.

The big brother certifie « respecter la loi européenne »

La France, suivie de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Italie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni , s'attaque de nouveau au géant internet. Photo : DR

La France, suivie de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni , s’attaque de nouveau au géant internet. Photo : DR

Le géant américain Google est partout. Plus de 67% des smartphones dans le monde sont équipés d’Android, la startup rachetée par Google en 2007. La recherche en ligne est dominée par la corporation à plus de 80%, et le marché de la publicité à près de 40%. En adoptant sa charte unifiée en mars dernier, Google a prétendu simplifier ses services. Un exemple clair de cette fusion : la publicité diffusée sur Youtube se fait en fonction des recherches en ligne des utilisateurs.  L’Europe, inquiète face à cette union de plateformes, y voit une certaine violation de la vie privée des internautes. Google ne semble pourtant pas remettre en cause ses principes de confidentialité, en assurant « respecter la loi européenne »  dans un communiqué pour l’AFP.  L’entreprise risquerait toutefois une amende de 300 000 euros si elle ne revisite pas sa politique de vie privée. Un chiffre qui n’effraie pas Google, qui a affiché un résultat net de 10 milliards d’euros en 2012.

Lora Goleminova