Le port de Cannes sous bonne protection.

Un bureau exigu, un ordinateur de contrôle et une centaine de caméras de surveillance. Ce sont les outils de travail des agents de sécurité du port de Cannes. Ces hommes sont évidemment chargés de surveiller le port, mais également d’installer les bateaux aux bons quais. Rencontre nocturne avec l’un d’entre eux.

21h, Damien* est en train de dîner devant le poste de contrôle. Pas question de faire une pause, pas même pour manger. Il faut toujours être à l’affût du moindre mouvement. Surtout qu’ils ne sont que deux par nuit pour surveiller le port et les bateaux. De 19 h à 9 h sans interruption… Et ce, trois jours par semaine. « C’est vrai que ça fait des grosses nuits de travail, mais hors-saison on a beaucoup de moments calmes. », explique-t-il. Le travail nocturne, c’était son choix. « J’ai déjà bossé la nuit, j’ai l’habitude. Je préfère l’ambiance, c’est plus calme. Et puis, c’est payé plus ! » Bien sûr, c’est une motivation essentielle pour ce jeune-homme de 29 ans. Même si ça ne représente que 10 % supplémentaires par rapport au travail de jour. « Si je ne fais pas d’heures supplémentaires, ça me fait à peu près 1 500 euros brut par mois. C’est toujours ça de pris, mais ça reste mal payé. » Le salaire net n’est donc guère plus élevé que le SMIC. Pourtant, ce métier nécessite une formation. Damien l’a faite par le biais de l’Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes).

« Je ne ferai pas ce métier toute ma vie »

Deux ans que Damien travaille ici. Le problème, ce n’est pas le manque de sommeil – puisque dormir cinq heures lui suffit – mais l’ennui qui prend le dessus. « On fait plusieurs rondes par nuit, presque seize kilomètres à pied… Et 9 fois sur 10 il ne se passe rien. » Surtout hors-saison. « Ça bouge peu, mais quand il se passe quelque chose, c’est plus grave que ce qui peut arriver le jour. » L’été, bien sûr, c’est différent… « On trouve des jeunes qui sortent de boîtes bourrés, et montent sur les bateaux ou se battent. » La routine, c’est donc quelques jeunes alcoolisés, et un seul collègue à qui parler. « Les propriétaires de bateaux sont des familles plutôt aisées. On vit dans des mondes différents. Difficile de discuter avec eux. » Pas plus mal pour Damien qui nous confie être plutôt un solitaire.

*(Le prénom a été changé par souci d’anonymat.)

Olivier, 31 ans, agent d’exploitation dans le parking depuis bientôt douze ans. Crédit : C.P

Olivier, 31 ans, agent d’exploitation dans le parking depuis bientôt douze ans.

Sécurité des parkings : une nuit sous le tapis rouge

Si vous allez faire un tour au sous-sol du Palais des Festivals, vous rencontrerez sûrement Olivier, 31 ans, agent d’exploitation dans le parking depuis bientôt douze ans. Il s’occupe de tout : règlement, maintenance, rondes… « La nuit, ce n’est pas de tout repos ici ! En fait, il n’y a pas de juste milieu : soit la nuit est très calme, soit elle est très agitée. » C’est vrai que ce n’est pas l’emplacement idéal en ce qui concerne la sécurité.

« Avec la boîte de nuit au-dessus, il y a toujours des jeunes pour faire n’importe quoi… Et ils n’ont pas que de l’alcool dans le sang. En plus, je ne peux pas les empêcher de reprendre le volant, puisque je ne peux pas leur interdire de sortir. » Provocations, bagarres, accidents… Pas facile à gérer quand on est seul toute la nuit. Et en saison, c’est pire ! « Il y a plus de monde, et plus d’événements comme les Plages Electros… Ça ne fait que multiplier les problèmes. »

Si quelque chose de grave arrive, ou si une altercation tourne mal, le seul recours, c’est la police. « Mais ils sont débordés ! Je ne peux même pas leur en vouloir de ne pas venir régler ces problèmes. » D’autant qu’Olivier n’est pas vraiment habilité à gérer les situations pénibles. « J’ai fait une formation de gestion du stress et de la clientèle difficile, mais c’est du vent. A force de me faire insulter ou provoquer, je n’arrive pas toujours à garder mon calme… Après tout, je suis humain. »

 Par Romane IDRES et Jérôme MORIN