Le Pandabar donne le La à Nice.

Nice, la nuit ? Trop souvent critiquée pour un manque flagrant de lieux où l’on peut écouter de la bonne musique. Début mars, en plein cœur du Vieux-Nice (1 Rue du Moulin), le Pandabar a ouvert : un bar musical qui a de grandes ambitions…

De l’extérieur, le Pandabar semble être comme tous les autres bars : une devanture noire, avec vigile et consommations chères. On entre. On fait attention à ne pas se coller à la peinture encore fraiche sur les murs. Puis on s’intéresse à la déco flashy : un néon formant ce qui semble être une devise :  » We love music ». Derrière le lieu se cache l’association Panda06. C’est elle qui, chaque année, rassemble des centaines de jeunes de la région aux « Plages Electro » de Cannes et au festival de musiques actuelles « Crossover » de Nice. Avec le Pandabar, l’association souhaite répondre à une réelle demande musicale sur Nice : « On veut créer quelque chose en plus et de différent, un endroit où les gens viendront et reviendront dans le but d’écouter de la bonne musique », affirme Yan Decorce-Dumat, le responsable de la communication de Panda06. Il compte bien fidéliser une clientèle en lui proposant une programmation éclectique : novatrice et originale, à dominante électro. « Aujourd’hui, c’est le type de musique qui fonctionne le plus en soirée, pourtant on fait aussi du rock indépendant », explique Yan. C’est aussi ça le petit plus du bar : pas de frontières musicales prédéfinies.

Des objectifs ambitieux

Le bar demandera bientôt à la mairie la permission de rester ouvert jusqu’à cinq ou six heures. L’idée n’est pas de se transformer en une discothèque, mais plutôt de proposer « un lieu d’aftershow de nos propres concerts, où le groupe se retrouverait avec le public niçois pour faire une bouffe et prendre un verre tous ensemble », avance Yan. La compétition peut être rude avec les autres bars de la ville, mais Yan est confiant : « Plus il y aura d’endroits sympas, plus les Niçois sortiront de leur éternel -à Nice il ne se passe jamais rien – donc l’ouverture du bar est bénéfique pour tous. »

Des débuts satisfaisants

Avec une salle -presque- comble tous les week-ends, le pari semble être gagné pour le Pandabar. « On est vraiment content de notre début, le soir de l’ouverture c’était plein », s’enthousiasme un serveur. « Sur les réseaux sociaux ça a vraiment fait le buzz, on n’avait pas vraiment fait de communication et pourtant l’info a bien tourné, c’est vraiment positif », ajoute Malcolm qui s’occupe de la programmation du bar. Yan justifie ce manque de communication par la volonté d’éviter l’effet de mode. Car « l’effet de mode, au bout d’un moment, ça lasse. Le mieux c’est que les gens se fassent leur avis par eux mêmes », ajoute-t-il. Le Pandabar vient d’ouvrir, mais tout reste à faire. Il faut qu’il garde son identité. Et ce, jusqu’au bout, pour tenir le rythme de la salle pleine. Car attention, le public a vite tendance à se retrouver en voie d’extinction…

Le Pendabar dans le Vieux-Nice,1 Rue du Moulin. Crédit : LD

Le Pendabar dans le Vieux-Nice,1 Rue du Moulin. Crédit : LD

Et ce soir, qu’est-ce qu’on écoute?

Des artistes venus de Londres ou Berlin, en passant par Los Angeles pour se retrouver à Nice, au Pandabar. Cette belle affiche, elle est signée Malcolm, le programmateur du bar. Le jeune homme parvient à allier études (il est en troisième année à l’ESRA de Nice, l’Ecole de cinéma et d’audiovisuel) et boulot, même si parfois c’est un peu difficile. « Je reviens à l’instant de l’ESRA, ce soir c’est chaud je suis en pleine finalisation de mon projet de film », confie-t-il. Pour le bar, il ne fait pas les choses à moitié. Son crédo ? Faire venir des artistes qu’on ne trouve nulle part ailleurs. « Je cherche la perle rare », explique Malcolm. Son ancien patron lui a proposé un jour de faire de la programmation pour lui. « Evidemment, je n’allais pas refuser ! », dit-il en rigolant. Car ce que le jeune homme aime avant tout, c’est dénicher des talents. « J’ai mes méthodes pour ça, quand je propose la scène du Pandabar aux artistes, je n’ai quasi pas de refus ! ».

« Les retours sont positifs.»

Ces artistes, ils viennent d’ici, d’Europe, ou des Etats-Unis. « Je veux faire passer au moins un artiste étranger par semaine », précise Malcolm. Ainsi le DJ Humantronic est venu de Berlin le 21 mars dernier, ou encore Mr Fuzz (Toulouse) une semaine plus tard. « Les retours du public sont tous positifs, ils sont ravis de la qualité sonore ». Le but de Malcolm n’est pas uniquement de faire danser le public du Pandabar : « je veux que ce lieu serve de tremplin pour ces artistes », ajoute-t-il. Car il espère un jour créer son propre label musical. Programmateur, DJ, et futur gérant de label, Malcolm avait prévu pour les semaines qui viennent une artiste de Los Angeles : Low Leaf. A découvrir en plein cœur du Vieux-Nice.

Par Lucile DALMASSO et Juliette REDIVO