La fête azuréenne se joue dans l’ombre

Sortir dans les boîtes de nuit de la Côte d’Azur, c’est l’assurance de découvrir des événements uniques, tape-à-l’oeil à souhait, qui fondent la chaude réputation des soirées méditerranéennes. Ce que l’on ne voit pas, c’est la préparation en amont, pour justifier soir après soir ce standing auprès des clubbers.

L’image des chaudes soirées de la Côte d’Azur à travers le globe ne provient pas d’un clin d’œil divin. Elle repose au contraire sur une logique implacable d’organisation, pour des soirées qui se réinventent chaque soir.

«La renommée remise en jeu à chaque soirée»

Parmi ce florilège d’événements, comment ne pas s’arrêter à Cannes ? Au Bâoli, il faut réinventer l’espace à chaque soirée. La communication est importante, même si la renommée de l’établissement est faite. Olivier Storelli, chef de projet événementiel de la discothèque, dévoile certaines actions marquantes. « Je me souviens de la soirée « Ocean’s Eleven » que nous avions donnée en marge du Festival. On avait tout décoré comme une salle de jeu, en installant des roulettes, des tables de black jack, etc. A la soirée Dolce & Gabbana, le Bâoli avait été vidé, et une entrée éphémère avait été créée». Chaque rouage doit tourner rond pour une soirée inoubliable. « On fait des propositions clés en main à nos clients, on prend tout en compte. Pour cela, on s’entoure parfois d’une équipe de plus de mille personnes. La renommée nous motive, on la remet en jeu à chaque soirée. Si on ne fait qu’une vingtaine de grosses soirées annuelles, on ne peut pas se rater ». Roland Le Calvez, directeur administratif du Bâoli, pointe une spécificité. « En France, il y a peu d’endroits où l’on peut privatiser les plages. Ici, on a la chance de pouvoir le faire avec du sable fin, c’est unique. »

Ne pensez pas que durant l’hiver tout ce monde dort. Car si la haute saison et la haute tension s’en vont, les préparatifs se pensent huit mois à l’avance.

Si la haute saison et la haute tension s'en vont, les préparatifs se pensent huit mois à l'avance. Crédit : N.G

Si la haute saison et la haute tension s’en vont, les préparatifs se pensent huit mois à l’avance. Crédit : N.G

Les soirées d’été prévues l’hiver

Accueillir un millier de personnes dans des conditions optimales n’est pas chose aisée. Au Gotha, l’intermittence de la boîte de nuit n’empêche pas le travail. « Comme notre boîte est estivale, on n’a pas le droit à l’erreur pour tenir notre standing. On doit préparer nos soirées de l’été entre novembre et avril. Quand des stars comme Akon ou David Guetta assurent un show, le jour J tout doit être parfait. On doit penser à l’avance tout le temps ». Parfois, l’attention doit même être exacerbée. « Quand on a eu une soirée pour la marque Nike qui présentait un produit, il ne fallait pas se tromper. Parce que dans la salle il y avait des publicitaires, des spécialistes de coups événementiels internationaux, qui ont vite fait de descendre une réputation. » Alors que les préparatifs de l’été 2013 sont sur le point d’être bouclés, certains managers nous ont promis de très belles soirées sans toutefois nous en dire plus. Un vrai secret dévoilé au dernier moment.

«Ici, les gens aiment le bling-bling»

La fête azuréenne2  Manuel Causse, créateur de l’agence So High Events, évoque son expérience à l’échelle du monde événementiel azuréen : “Quand on voit l’événementiel des grosses boîtes ici, on se dit qu’on est vraiment tout petit. Mais notre travail au Lenny Club commence à porter ses fruits. On adapte nos événements à la clientèle. Ici, les gens aiment le bling-bling, donc on fait des thèmes en lien. La Lux Party par exemple a très bien marché. On crée des partenariats, on se fait connaître via les réseaux sociaux ou de plus grosses agences. La fierté, c’est d’avoir réussi à organiser une soirée X.B Sex On The Beach, sponsorisée par une grande marque d’alcool. Cela ne se fait qu’à Ibiza ou Miami d’habitude. Je pars d’ailleurs à Miami le mois prochain pour m’inspirer des soirées « à l’américaine ». J’ai une petite boîte, la seule manière de me démarquer c’est de proposer des événements encore jamais vus à Cannes.

Par Axel Bluteau et Nathan Gourdol