En immersion avec les éboueurs

Le métier d’éboueur est souvent considéré comme répugnant. Pourtant, la présence d’éboueurs est nécessaire au maintien de la propreté d’une ville. Rencontre avec les agents de Saint-Jean-de-Boiseau près de Nantes.

6 heures. Saint-Jean-de-Boiseau est encore endormi… Pourtant, au centre technique métropolitain, tout le monde est actif. Les chauffeurs préparent les camions-bennes. « Nous les démarrons quelques minutes avant de partir. Ça nous permet de voir si les feux et les gyrophares fonctionnent, puis nous vérifions si les marchepieds ou les bras de levage ne sont pas défectueux. » explique l’un d’eux. De leur côté, les ripeurs (autre terme pour parler d’un éboueur) enfilent le fameux uniforme jaune avant de partir collecter les ordures ménagères.

Buzzles s’est mis dans la peau d’un véritable ripeur. Un métier  qui n'est pas sans risques. (Crédit R.A)

Buzzles s’est mis dans la peau d’un véritable ripeur. Un métier qui n’est pas sans risques. (Crédit R.A)

 Un travail d’équipe

6 h 15. Les équipes sont formées pour aller ramasser les déchets de Saint-Jean-de-Boiseau, de la Montagne et du Pellerin. Les trois communes appartiennent à Nantes Métropole. Un chauffeur et un ripeur par camion. « À cette heure-ci, la circulation est quasi nulle. Cependant l’habit jaune flashy reste indispensable pour une totale visibilité du ripeur face à des automobilistes parfois pressés. » Les binômes travaillent en cohésion. En cas de danger, le chauffeur signale l’arrivée d’un véhicule via une sonnette. Chacun peut compter sur l’autre. En plus d’être parfois dangereux, ce métier est un véritable sport. Monter sur le marchepied, descendre. Aller chercher le bac, le disposer devant le bras de levage, le remettre à sa place. Remonter sur le marchepied, s’accrocher. Et répéter ces gestes tous les dix mètres. Une bonne condition physique est donc de mise. « Le travail s’est nettement amélioré. Quand j’ai commencé, en 1983, il fallait soulever les bacs à la main, il n’y avait pas tout le mécanisme qui est en place aujourd’hui. Le métier de ripeur est perpétuellement en progrès. » assure Jean-Pierre, ex-ripeur désormais chef d’équipe du site de collecte de Saint-Jean-de-Boiseau.

9 heures. C’est le moment de la pause. Les camions reviennent un à un au dépôt. Chaque éboueur a apporté de quoi manger. Leur avis est unanime : « Le casse-croûte, c’est nécessaire étant donné que nous sommes levés depuis 5 h. »

Asticots, couches-culottes, poissons…

De retour sur la tournée, qu’ils connaissent par cœur, les binômes enchaînent les rues. En plein mois de juillet, même à 10 heures, la chaleur se fait sentir, et les odeurs également… « Il faut savoir qu’être accroché à l’arrière du camion n’est pas toujours un plaisir. Certaines odeurs remontent directement dans les narines. Les asticots font parfois même leur apparition accompagnés du célèbre jus de poubelle. Appétissant. Ça fait partie du métier. Il y a des bons mais aussi des mauvais côtés. »

Les bons, ce sont par exemple tous ces enfants qui regardent les ripeurs tels des « super héros » capables de soulever les poubelles sans les toucher (grâce au mécanisme du bras de levage).

Une fois la tournée finie, qui représente environ 100 kilomètres – et si les collègues n’ont pas besoin d’aide – le binôme part vider le camion de sa cargaison avant de rentrer au dépôt pour nettoyer la benne où des ordures se sont peut-être accrochées.

Roman ARDEOIS