« J’avais besoin de poser ma jactance sur un feuillet »

Le rappeur français le plus controversé de l’Hexagone revient sur le devant de la scène, cette fois avec un livre autobiographique intitulé Sur la tombe de ma mère. Ce Français d’origine camerounaise n’a pas sa langue dans sa poche et garde son franc-parler qui lui est propre. Le tutoiement adopté et l’argot employé, MC Jean Gab’1, de son vrai nom Charles M’Bouss, a répondu à la rédaction de Buzzles.

"Ça m'amuse de voir les écrivains me dévisager. On me cantonne à une cas et je dis non."

« Ça m’amuse de voir les écrivains me dévisager. On me cantonne à une case et je dis non. » (crédit: Nathan Gourdol)

Première question, pourquoi MC Jean Gab’1 ?

« Quand j’ai commencé à enregistrer mes morceaux de rap, bien que je ne me considère pas comme un rappeur, les gus m’ont dit qu’il me fallait un pseudonyme. Et mon vrai nom M’Bouss, est un nom d’assassin puisque mon père a tué ma mère. Je me suis alors juré que ce nom mourrait avec moi. Ma fille ne porte pas ce nom d’ailleurs. J’ai alors hésité à choisir Delon, mais comme c’est un putain de facho, j’ai choisi Jean Gab’1 [rire]. »

Pourquoi avoir publié votre autobiographie cette année ?

« Il y a six mois je me suis remis en question. Où est-ce que j’en étais dans ma vie, si je devais refaire des braquos ou si j’étais bien comme ça. J’ai choisi de rester dans ce qu’ils appellent « le droit chemin » et j’ai ressenti le besoin de me raconter. Cela faisait presque vingt ans que cette histoire trottait dans ma tête. »

Justement, concernant votre passé, n’avez-vous jamais regretté d’avoir organisé des braquages ?

« Non et si c’était à refaire je referais tout. Avant on ne me donnait rien et je savais que si je voulais quelque chose, il fallait que j’aille le chercher.

Pourquoi j’irais lâcher mes lovés (argent) à ces salopards du gouvernement alors qu’ils ne m’ont jamais rien donné. Maintenant que j’ai tout arrêté, non seulement l’Etat ne me donne toujours rien, mais en plus ils me la mettent sans vaseline, pour éviter d’être vulgaire. »

Suite à une question qui insinuait que ce livre était simplement commercial, le ton est monté entre Jean Gab'1 et un jeune avant que ce dernier ne se fasse sortir de la salle.

Suite à une question qui insinuait que ce livre avait été écrit simplement dans un but commercial, le ton est monté entre Jean Gab’1 et un jeune avant que ce dernier ne se fasse sortir.

Ce livre est une autobiographie, qu’avez-vous ressenti en l’écrivant ?

« Beaucoup d’émotions… Certains passages de ma vie ont été très difficiles. Ça commence avec l’assassinat de ma mère par mon père et mon placement à la DDASS. où j’ai commencé la petite délinquance. Je suis monté crescendo. Je suis passé aux braquos et vols avec violence, et là tu te demandes ce qui va t’arrêter. Tu sais que c’est soit une douille, soit le trou (prison). Par chance pour moi j’ai eu la deuxième solution. Alors oui quand j’étais au trou j’ai dit « enfin libre !»

Comment avez-vous écrit ce livre ?

« C’est simple, j’ai pris un enregistreur et j’ai parlé. J’ai ensuite recopié mot pour mot l’enregistrement. Personne ne m’a aidé à faire ce livre car les écrivains font des tournures et déforment tes propos. Il n’y avait qu’un nègre pour écrire ce livre, c’était moi. »

Dernièrement à Nice un jeune braqueur a été tué par un bijoutier. Que pensez-vous de ce fait divers?

« C’est triste pour lui mais en même temps tu pars pas faire un braquo avec un pistolet à eau. Déjà tu prends un vrai Glock (arme), ensuite si possible tu mets un chargeur dans la chambre,  si possible tu mets des balles et si possible tu charges, prêt à tirer. Quand tu déconnes un moment il faut payer !»

Pour terminer, allez-vous faire un autre livre ?

« Oui je suis en train d’écrire un second livre qui paraîtra normalement en septembre de l’année prochaine. J’ai encore beaucoup de choses à raconter sur ma vie. »

Axel Bluteau

Romane Idres