Les mystérieuses villes closes

On les appelle « villes interdites » ou encore « villes fermées ». Un phénomène soviétique qui existe encore aujourd’hui. Dans la Russie moderne, la plupart de ces villes sont désormais ouvertes, ou presque…

Le concept de « closed city » apparaît en URSS à la fin des années 1940. La raison de leur existence : servir les intérêts de grands groupes industriels, de l’armée, ou d’importants instituts de recherche. Ce sont des zones de production ou d’extraction de minerais et des gaz naturels en très grande quantité. Ce n’était pas la peine de chercher ces « boosters économiques » sur les cartes soviétiques, car ils n’y figuraient pas. Simplement désignées par un code postal, les villes closes  ont longtemps été gardées secrètes. Aujourd’hui la plupart d’entre elles sont connues.

La ville close de Norilsk en Sibérie compte 175 000 habitants. Très polluée, elle est largement dominée par des exploitations minières. Source DR

La ville close de Norilsk en Sibérie compte 175 000 habitants. Très polluée, elle est largement dominée par des exploitations minières. Source DR

En Russie, qui en compte officiellement 42, on les appelle les « ZATO » (entités territoriales administratives fermées). Entourée de barbelés, protégée par des gardiens armés, l’entrée de ces zones secrètes est strictement interdite aux étrangers. Discrétion oblige, les villes interdites se trouvent dans espaces reculés, sans aucune route officielle pour y accéder. Pour y vivre, les Russes doivent détenir une autorisation spéciale. Se déplacer hors des villes closes n’est pas chose facile… Ces communes artificielles possèdent de véritables infrastructures urbaines. Mais la pollution fait vivre aux habitants un vrai calvaire.

Norilsk, ville fermée industrielle en Sibérie. Source : DR

Norilsk, ville fermée industrielle en Sibérie. Source : DR

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Une ville déserte sous la neige.  Source : DR

Des prisons éparpillées…

Les villes closes n’ont pas toutes le même visage, et n’existent pas qu’en Russie. Le photographe autrichien Gregor Sailer a immortalisé ces cités fantomatiques à travers trois continents dans son livre Closed Cities. Deux ans de voyage et d’enquête ! Gregor Sailer présente 151 images qui dénudent une triste réalité, dissimulée dans des paysages hostiles. L’Argentine, le Qatar, le Chili, l’Azerbaïdjan ou encore l’Algérie partagent le même secret. Une grande partie des clichés du photographe sont visibles sur son site officiel.

Ras Laffan au Qatar. Ville industrielle en pleine expansion. Source : DR

Ras Laffan au Qatar. Ville industrielle en pleine expansion. Source : DR

Ras Laffan, Qatar. Source : DR

Ras Laffan, Qatar. Source : DR

Nordelta en Argentine. Ville créée en 1999 avec une population avoisinant les 10 000 habitants. Source : DR

Nordelta en Argentine. Ville créée en 1999 avec une population avoisinant les 10 000 habitants. Source : DR

Dans le Sahara Occidental. Source : DR

Dans le Sahara Occidental. Source : DR

Lora Goleminova