Vous attendrez bien lundi pour vous faire opérer ?

Vous étiez méfiant envers les services de chirurgie ? Et bien voilà de quoi vous rassurer… Un groupe de chercheurs de l’Impérial College de Londres, une des meilleures université du monde spécialisée dans les sciences et la médecine, publie une étude sur votre pourcentage de chances à mourir suite à une opération chirurgicale effectuée en fin de semaine.

« L’effet week-end » ne serait pas un mythe? Il semblerai, qu’effectivement, les risques de mortalité post-opératoirs soient accrus selon le jour de votre opération. C’est du moins ce que nous expliquent les Docteurs Paul Aylin, épidémiologiste, et A. Bottle, spécialiste de statistiques médicales dans cette étude.

Comment ont-ils calculé cela? En utilisant des données britanniques recueillies entre 2008 et 2011 concernant les opérations chirurgicales les plus lourdes comme l’ablation de lésions cancéreuses, le pontage coronarien ou l’anévrisme de l’aorte… Et le résultat est stupéfiant: sur plus de quatre millions d’interventions étudiées, on dénombre quelques 27 582 décès intervenants moins d’un mois après. Et parmi ces décès, plus de 4,5% des opérations ont étés pratiquées le week-end.

Vous voulez plus de chiffres ? Selon leurs calculs, le risque de décès pour une personne opérée un vendredi s’élève à 44 %… Pour ceux du dimanche, c’est 82 % !

Des médecins en train d'opérer un patient D.R.

Des médecins en train d’opérer un patient D.R.

L’étude alerte les professionnels du métiers

Le docteur Paul Aylin invite tout de même à ne pas « tirer de manière absolue ce genre de conclusion à partir de données recueillies comme il a été fait, de manière ponctuelle« . Il explique ce phénomène par la diminution du niveau de la qualité des soins prodigués en fin de semaine, elle-même due à la réduction du personnel, le manque d’expérience du personnel présent le week-end ou encore l’ état d’urgence des hôpitaux en fin de semaine.

Le personnel de l’hôpital Mount Sinai de Toronto commence, lui, à s’interroger sur la possible suppression de « lourdes interventions non-obligatoires le week-end ». Janice L.Kwan, une des chefs médicales de l’hôpital, accompagne justement d’un éditorial, la publication de cette étude. Si elle confirme l’existence de cet effet week-end, elle tient à rassurer les patients sur le fait qu’il n’est pas réel concernant concernant les soins de spectre 5 6 à savoir prélèvements cliniques et de dépistage. Vous êtes rassurés ?

Léa REGUILLOT