Trop court ce Festival !

La première édition du Festival de courts-métrages intitulé « Week end Tout-Court(s) » se déroulait les 27 et 28 septembre en présence de Jean-Louis Bompoint.

En marge du festival de courts-métrages organisé par la médiathèque Noailles les 27 et 28  septembre, Jean-Louis Bompoint, chef opérateur des films de Michel Gondry, a fait swinguer les spectateurs. Le samedi, à 15h, et ce pendant plus d’une heure et demie, le cinéaste s’est fait jazzman. Accompagné de Pascal Masson à la batterie, Laurent Sarrion à la contrebasse et Laurent Rossi au piano, il jouait du vibraphone. Les standards revisités ont réjoui un public averti. « Ils font de la dentelle. Je suis aux anges », confie Georgia dans le public.

 Puis, les courts-métrages ont pris possession de la médiathèque. L’association niçoise Regard Indépendant était présente pour projeter ses films. Une dizaine de courts métrages, tous autour du thème de l’enfance, ont donc été diffusés. La particularité : ils étaient entièrement réalisés en Super 8, avec une difficulté supplémentaire, celle du « tourné-monté ». C’est-à-dire qu’il n’y a pas de montage.

Le Super 8 est un format cinématographique destiné au cinéaste amateur. La spécificité de cette caméra est sa pellicule ; longue de 15 mètres, la durée équivaut à 2 minutes 40. Le rendu donne un format en 4/3.

En conséquence, les films diffusés au « Festival Tout Court(s) » n’ont pas été montés et réalisés d’un coup. Un exercice de style périlleux mais travaillé bien qu’il s’agisse de courts-métrage (très) amateurs. Le but , selon le président de l’association Vincent Jourdan, « est de filmer des enfants, avec la dimension spontanée qui leur est propre.»

Pour terminer l’après-midi en beauté, quoi de mieux que de regarder une sélection de trois courts-métrages qui seront diffusés prochainement au « Festival du Film Merveilleux et Imaginaire de Paris » ? Le premier n’est autre que Mort d’une Ombre de Tom Van Avermaet avec Matthias Schoenaerts (De rouille et d’Os). Ce film, long de vingt minutes, évoque le destin tragique d’un soldat mort pendant la Première Guerre Mondiale dans une esthétique plastique et un univers rappelant celui de Jean-Pierre Jeunet. Prisonnier dans les limbes entre la vie et la mort, il doit collecter des ombres pour gagner le droit à une seconde opportunité de vivre et d’aimer. Mais, à deux ombres, la rencontre d’une belle jeune femme va le bousculer… Primé dans de nombreux festivals dont le très reconnu « LA Shorts Fest », il est reparti cependant bredouille des Oscars 2013.

Affiche Week-end tout court(s). D.R.

Affiche Week-end tout court(s). D.R.

SleepWorking a fait le tour du monde et a fait couler beaucoup d’encre. Sa vision futuriste de l’humain et sa relation au travail dans ce film en sont sans doute les causes. L’intrigue se déroule dans un avenir proche. Les employés sont devenus des « sleepworkers ». Grâce à une puce, leurs corps sont programmés pour effectuer des tâches tout en dormant. Une jeune femme commence à souffrir d’effets secondaires inquiétants. Elle se lance dans une dangereuse excursion pour découvrir ce que ces employés-robots font vraiment lors de leur sommeil. Un excellent film d’anticipation signé Gavin Williams.

Enfin, pour clôturer ce samedi après-midi, l’adaptation de la BD de Peter Pan de Régis Loisel a été projetée. Du moins, une esquisse. En quête de financement, le réalisateur Nicolas Duval a décidé de ne réaliser que quinze minutes. Une semaine de tournage pour 3 ans de post-production mais le résultat est édifiant. On en sort un peu frustré car ce court-métrage, qui donnera lieu on l’espère à un véritable film, est plus que séduisant.  Le ton noir de la BD est retranscrit à l’écran, avec des images de synthèse éclatantes. Le travail de Nicolas Duval est remarquable. Le film s’appuie sur un casting de prestige : François Levantal interprète Crochet alors que Michel Muller se mute en Mouche. La chanteuse Leslie joue la fée Clochette et Jules Sitruk s’envole en Peter Pan.

Ci-dessous, un extrait du court-métrage, ainsi que son making off (en quatre parties).

 

L’interview de Jean-Louis Bompoint :

 Méline Escrihuela et Victor Vasseur