J.O : Quand la Russie voulait entrer dans l’histoire

C’est une première dans l’Histoire – avec un grand « h » – des Jeux Olympiques. A moins de cent jours de l’ouverture officielle des Jeux d’hiver de Sotchi (Russie), la flamme olympique n’est plus de ce monde ici-bas. Ce jeudi 7 novembre, à 8h14 heure locale, cet emblème du sport a décollé du centre de lancement de Baïkonour (Kazakhstan), direction la Station Spatiale Internationale (ISS).

Le Japonais K. Wataka, le Russe M. Tiourine et l’Américain R. Mastracchio posent une dernière fois en compagnie de la torche olympique très stylisée, avant de rejoindre l’ISS. (Crédit photo : AFP)

Le Japonais K. Wataka, le Russe M. Tiourine et l’Américain R. Mastracchio posent une dernière fois en compagnie de la torche olympique très stylisée, avant de rejoindre l’ISS. (Crédit photo : AFP)

Et la flamme toucha les cieux

La Russie fut le premier pays à envoyer un être humain dans l’espace. Aujourd’hui, nous nous fixons un nouveau record : y expédier le flambeau olympique”, déclarait le président du comité d’organisation des Jeux d’hiver de Sotchi 2014, Dmitri Tchernychenko, à la presse russe. On l’aura compris, plus qu’un acte symbolique, il s’agit de prouver que les compatriotes de Youri Gagarine sont bien les maîtres de l’espace. Ainsi, quand la Russie accueille des Jeux Olympiques, le pays fait les choses en grand. Après les dépenses record pour organiser l’événement le plus médiatisé du monde, et des polémiques incessantes sur les conditions de travail des ouvriers, voilà que la flamme olympique s’apprête à faire un petit tour dans l’espace. Ce jeudi en effet, trois cosmonautes – on ne débattra pas ici des termes cosmonautes et astronautes – ont embarqué à bord lanceur Soyouz-TMA-11M pour rejoindre la Station Spatiale Internationale. Sur le plan diplomatique, le geste est fort puisqu’un Russe, un Américain et un Japonais ont eu la responsabilité d’apporter la flamme à bon port, au moment où les tensions entre Washington et Moscou sont de plus en plus perceptibles.

Décollage réussi pour la torche olympique, qui a rejoint l’ISS vendredi.

Un geste à la hauteur des ambitions russes

“Emmener la torche olympique dans l’Espace, nous sommes les seuls capables de faire ça”, fanfaronnait un présentateur russe la semaine dernière. Perdu, monsieur le relais du Kremlin ! Lors des Jeux Olympiques d’Atlanta (1996) et de Sydney (2000), la flamme avait déjà quitté la terre ferme. La nouveauté réside dans cette sortie tant attendue du samedi 9 novembre, où un astronaute brandira la torche dans la termosphère. Inutile cependant de lever les yeux au ciel pour essayer de déceler un point lumineux au milieu de la Voûte Céleste car la torche restera éteinte, en raison des mesures de sécurité. L’événement sera retransmis en direct sur Terre. L’occasion d’éclipser pendant quelques heures les nombreuses controverses de cet événement. Et d’affirmer que cette mise sur orbite sera “le symbole des possibilités illimitées de l’homme, de son ambition d’atteindre des sommets sportifs incommensurables et d’impressionner le monde avec de nouveaux records”, selon Dmitri Tchernychenko. Verdict le 7 février 2014, date d’ouverture de la compétition qui devrait être… stratosphérique.

Vincent Bourquin