Le drone, un outil pour l’avenir du journalisme ?

Disons-le tout de suite, le drone ne va pas révolutionner le journalisme, et ne remplacera pas les JRI. C’est un outil de plus dans une palette. Alors, c’est de façon ludique que l’on parlait du drone aux Assises du journalisme ce jeudi 7 novembre. Si dans l’imaginaire collectif le drone est souvent associé à l’armée américaine, que faut-il en savoir quand on est journaliste ?

Les intervenants fixent le drone lors de sa démonstration de vol dans la salle (crédit : J.C)

Les intervenants fixent le drone lors de sa démonstration de vol dans la salle (crédit : J.C)

Peut-on tourner avec le drone ? A l’unanimité, les intervenants répondent non, on ne peut pas faire de tournage avec un drone. Il complétera des sujets, peut servir à des plans d’illustration. En revanche, si on raisonne en termes de mini documentaire, il est possible d’utiliser un drone, France 3 en a déjà fait l’expérience.

Avantages : cet objet volant est sécurisant pour les journalistes et permet de couvrir les zones dangereuses comme les incendiesou inondations, les zones de conflit etc..

Arnaud Mercier raconte une anecdote tout à fait significative : «un journaliste qui sortait d’une estafette se retrouve au milieu d’une embuscade. Il sort son drone, et avec ses images on comprend où ont pu être les agresseurs. En hauteur on a du reculdans l’espace et sur la situation.»

Le drone a un côté ludique, et permet par exemple de photographier l’étendue des algues vertes qui colonisent les plages en Bretagne, faire des comparaisons avant/après d’un lieu, en ayant une prise de vue aérienne. Le drone donne de la perspective à l’image, peut enrichir considérablement le contenu et le rend intéressant.

Inconvénients : les problèmes sont essentiellement techniques. Lorsqu’il pleut on ne peut pas l’utiliser. Il ne peut pas décoller s’il y a du vent et,bruyant, on l’entend sur les images. De plus, cet objet étant connecté à un smartphone ou à une télécommande en WI-FI, la perte de connexion n’est pas rare. Le drone peut, par ailleurs, être dangereux : « C’est de la folie pure de survoler les gens. A 150 mètres au-dessus des têtes, si l’objet tombe ça peut faire des dégâts. » témoigne Stéphane Gueulette, réalisateur d’un site de vidéos prises avec le drone.

L’apprentissage est long. Des mois voire un an pour Séphane Gueulette. C’est encore plus long pour réussir à réaliser destravellings, mais on peut aussi avoir des vidéos rapidement exploitables, pour mettre dans un sujet d’actualité en stabilisant le drone dans l’air par exemple.

 La législation : le drone a été soumis à une législation lourde après la multiplication des vidéos amateurs sur « Youtube ». C’est un objet volant qui peut chuter, blesser, rentrer en collision. Il entre donc dans la législation du code de l’aviation civile. Et parce qu’il est équipé d’une caméra, il peut porter atteinte à l’image. « Si on accumule les interdictions auxquelles le drone est sujet, on film en rase campagne, là où il n’y a pas de personnes, pas d’animaux, pas de bâtiment véritablement »ironise Antoine Fittante, avocat en droit de la presse. En agglomération, le drone est limité à 150 mètres de hauteur de vol, et on ne peut pas l’approcher de personnes à moins de 30 mètres.

A partir du moment où il y a une caméra embarquée, il faut demander une autorisation pour filmer au responsable territorial de l’aviation civile 15 jours avant. L’exploitant qui vous livre l’objet doit, par ailleurs, vous faire passer un test et vous délivrer, à son tour, une autorisation pour voler. Sans respecter ces règles, le vol dans les lieux public est passible d’un an de prison et 150 000 euros d’amende.

Quel est le prix d’un drone? De 400 à 20 000 euros selon les modèles.

Jessica Coudurier