Record de femmes battues pour les Alpes Maritimes. Et pour les hommes ?

Aujourd’hui a lieu la journée internationale pour l’élimination de la violence conjugale. L’occasion pour les institutions et les associations locales de se mobiliser, comme ce fut le cas vendredi dernier à Nice.

Plus de 2000 plaintes pour violences conjugales sont déposées chaque année dans le département des Alpes-Maritimes. Plus encore, parmi les 148 femmes décédées en 2012 des blessures de leurs conjoints, les Alpes-Maritimes en totalisent 11. C’est un record qui dépasse largement les chiffres des autres départements et même ceux de la Seine-Maritime. Ce nombre de victimes, qui évolue au fil des années, préoccupe le préfet Adolphe Corat, qui a décidé de créer un comité d’action pour lutter contre les violences faites aux femmes. Il se réunissait vendredi après-midi au Palais des Rois Sardes à Nice afin de donner la parole aux associations, aux forces de l’ordre et aux procureurs de la République de Grasse et de Nice. Entre bilans et objectifs, la réunion s’est tout particulièrement penchée sur le manque d’hébergements et les ordonnances de protection. Ces dernières permettent de maintenir le conjoint violent à distance de l’endroit de vie de la victime. En 2012, plus d’un millier de femmes ont pu bénéficier de ces dispositifs dans le département, un espoir minime lorsqu’on sait que plus de 410 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année en France. Encore plus effrayant lorsqu’on sait qu’une personne sur dix le déclare aux services de police et que moins d’un quart d’entre elles donnent lieu à un dépôt de plainte.

Sortir des revendications archaïques

Ce genre de comité de soutien et de réflexion pose quand même une question : pourquoi le débat ne s’élargit-il pas ? Pourquoi ne parle-t-on pas des violences subies par son conjoint, qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes ? Plus de 136 000 hommes sont, eux aussi, victimes de leur conjointe. En 2006, 37 hommes sont morts sous les coups de leur compagne. Cette même année, sur une estimation de 127 000 hommes battus, seules 2 317 plaintes ont étés enregistrées. Des études confirment que moins de 4 % d’entre eux osent faire appel aux services d’aide. Récapitulons : sur trois personnes victimes de violences familiales, une est un homme. Peut être que les publicités de prévention devraient penser à les intégrer…

Une campagne de sensibilisation australienne (DR)

Une campagne de sensibilisation australienne (DR)

Le phénomène avait pourtant enclenché l’évolution des mœurs, récemment encore, avec les déclarations du français Thibaut Hutin. Ce dernier, cavalier de profession avait confié au journal Blick ce que lui faisait subir Martina Hingis, championne de tennis. Mais rien de concret puisque ces manifestations dédiées à la lutte des femmes contre les violences conjugales n’ont pas élargi leurs cercles d’action. Bref, les hommes n’ont qu’un recours en France : la –seule et unique- association, qui existe depuis tout juste cinq ans, SOS Hommes battus.

Léa Reguillot