Ruade face à l’équitaxe

Vous avez peut-être croisé des chevaux, des poneys ainsi que leurs cavaliers ou encore des camions de transport équestre récemment dans les rues. La raison ? Le 25 octobre dernier, le gouvernement français annonçait l’augmentation de la TVA de 7 à 20% sur l’ensemble des activités équestres françaises au 1er janvier 2014.

Une mesure qui, selon certains, mettrait à mal la filière équestre, déjà en perte de vitesse. Adhérents de clubs hippiques, propriétaires de chevaux ou encore personnels d’écuries se mobilisent depuis près d’un mois en organisant manifestations et pétitions avec un seul mot d’ordre : « l’équitaxe ne passera pas ».

En 2012, la Fédération Français d’équitation (FFE) recensait près de 700 000 adhérents sur l’ensemble de l’Hexagone. Entre 1984 et 2010, la progression du nombre de licenciés était de +476%, une augmentation qui a ralenti depuis, puisqu’entre 2011 et 2012, elle est de moins de 0,1%. Toutefois, l’équitation demeure le 3ème sport national et le 1er sport féminin.

« Hollande t’es foutu, les poneys sont dans la rue »

Qui dit mobilisation, dit manifestations. Depuis près d’un mois, les centres équestres, accompagnés des licenciés, les élevages ainsi que les écuries indépendantes se retrouvent (à cheval) dans les grandes villes françaises et battent ensemble le pavé contre cette mesure d’imposition. Le 24 novembre, une manifestation nationale était organisée à Paris à l’occasion du Salon du cheval. 3 000 personnes y étaient attendues. Pour l’heure, des « croisades » ont déjà eu lieu à Bordeaux, Brest, Troyes, Montpellier, Toulouse, Metz et ailleurs, recensant toujours entre 500 et 4 000 personnes, cavaliers et chevaux arborant pancartes et peintures aux slogans évocateurs : « Hollande t’es foutu, les poneys sont dans la rue», « Le cheval c’est trop génial, la TVA c’est trop fatal » « Cavaliers, ne devenons pas des pions » ou encore « toutes les grandes batailles se sont gagnées à cheval »

Retrouvez les photos des manifestations sur la page Facebook La Horde française.

Retrouvez la pétition ici.

Une mesure européenne

Le 8 mars 2012, la France a été condamnée par la Cour Européenne de Justice pour application d’un taux réduit de TVA aux prestations relatives aux équidés. Les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne avaient déjà été condamnés en 2011 pour la même raison. La menace d’une amende de plusieurs millions d’euros a contribué à accélérer la décision du gouvernement. Face à cette augmentation, Pierre Moscovici, ministre de l’économie, Valérie Fourneyron, ministre des sports, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture et Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé du Budget ont présenté le 12 novembre dernier, aux représentants de la filière équine, un plan d’accompagnement pour faire face à la mesure. Ce plan comporte deux mesures : d’une part, les contrats conclus avant le 31 décembre 2013 continueront à bénéficier jusqu’à fin 2014 d’un taux réduit. D’autre part, un fonds « cheval » sera mis en place pour assurer une aide financière aux centres équestres. Toutefois, le montant de celui-ci n’a pas été communiqué.

L’équitation mise à mal

« Non, l’équitation n’est pas une niche fiscale.» C’est le leitmotiv du groupement Les Insurgés. Réunis derrière le collectif « L’équitation en péril », les professionnels de la filière dénombrent une perte de plus de 6 000 emplois, parmi lesquels 1 000 emplois pérennes créés chaque année. Ces derniers pourraient donc ne pas voir le jour et près de 80 000 chevaux pourraient partir à l’abattoir faute d’infrastructures d’accueil.

Charlotte Palau