Ollivier Pourriol s’attaque au secret mafieux

Ollivier Pourriol a fait le discours d’ouverture de la neuvième édition des Rencontres de Cannes. Le philosophe et ex-chroniqueur au Grand Journal de Canal+ a donné une vision philosophique pour introduire un vaste sujet : le secret mafieux.

Sur scène mais loin des plateaux, Ollivier Pourriol a livré son billet d’humeur (Photo : Nathan Gourdol)

Sur scène mais loin des plateaux, Ollivier Pourriol a livré son billet d’humeur (Photo : Nathan Gourdol)

La mafia n’est pas qu’une organisation au service du crime, avec des stratégies d’infiltrations occultes dans tous les domaines. Les mafieux sont avant tout des hommes qui savent se taire et agir. Des hommes d’honneur, qui doivent le respect au Parrain, le chef de l’organisation prenant toutes les décisions. Des familles, souvent à la recherche de vengeance, font appel à eux. Selon Ollivier Pourriol, qui participait pour la première fois à l’évènement, cette relation repose sur un contrat qui a une part secrète.

Derrière le petit écran, la dure vérité

Ollivier Pourriol n’est pas un invité choisi au hasard. Il est lui-même lié à ce thème du secret. Le 15 avril 2013, il sortait On/Off, un livre sur les coulisses de l’émission star de Canal+ : Le Grand Journal. Il y révèle les secrets de l’émission, mais pas ceux auxquels on pense. Ce qu’il a voulu traiter, ce n’est pas « combien sont payés les présentateurs ou la recherche du scandale », précise-t-il, mais les notions d’« apparence et de bricolage », inhérentes aux chaines de télévision.

L’ex-chroniqueur révèle ainsi une des stratégies du Grand Journal : on lui refuse des sujets, susceptibles de faire moins d’audimat. Il doit alors faire un choix, comme toute personne humaine, « entre ce qui compte pour nous et ce qu’on est obligé de faire. »

Une fois destitué de son poste, l’émission lui propose de venir y présenter son livre. Une situation « absurde » pour l’écrivain, qui souhaite privilégier ses valeurs plutôt que d’en parler « n’importe où, parce qu’un livre c’est sacré ! » déclare-t-il. Tout comme sa propre présence, ce n’est pas un hasard si le secret mafieux a été choisi comme premier thème. D’après le philosophe, c’est un sujet très présent dans les films, qui méritait d’être développé dans la ville du cinéma.

Juliette Redivo