Gaz de schiste : La France résiste

Le 27 novembre dernier était présenté à l’Assemblée nationale un rapport de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) présentant 10 propositions visant à amorcer la recherche dans les techniques alternatives à la fracturation hydraulique.

Il y a encore trois semaines, le 8 novembre, le ministre de l’écologie, Philippe Martin, se retrouvait dans la délicate obligation d’agir en faveur du groupe pétrolier Hess Oil en signant des arrêtés de mutations. Le groupe détient sept permis de recherche d’hydrocarbures en Seine-et-Marne et dans l’Aisne, ce qui  a ravivé la colère du mouvement anti-schiste. Vingt jours après, Philippe Martin a refusé d’autoriser la mutation. Le principal argument avancé par ces firmes pour procéder à l’extraction, portant sur la dynamisation d’une part de l’économie, est-il valable ?

Le gaz de schiste, ses avancées, ses conséquences, ses grands acteurs… c’est ici, sur cette explication graphique d’Arte.

Le département du Var faisait depuis quelques temps l’objet d’une demande de permis d’extraction de gaz de schiste. Le Conseil Constitutionnel a ravi la majorité des habitants, il y a un mois, en validant la loi qui interdit la fracturation hydraulique. Si les motifs du refus gouvernemental portaient surtout sur les effets néfastes sur l’environnement, Thomas Porcher, docteur en économie, dénonce aussi, dans son dernier ouvrage Le mirage du Gaz de Schiste, les manipulations des grandes firmes. Il y explique en quoi leurs méthodes d’action sont bien similaires à celles que le film Promised Land dénonce. Des gains surévalués au mythe du trésor dans le jardin, pour lui l’extraction hydraulique ne crée pas d’emplois, mais bien au contraire, le prix à payer est trop lourd pour la santé des humains et la viabilité de l’environnement. Il propose plutôt de remettre en question les méthodes de consommation et surtout, d’envisager le recours à la transition énergétique.

Les grands d'Europe divisés sur le gaz de schiste

Une société civile française active contre le gaz de schiste

La France est, elle aussi, en désaccord avec cette forme de « révolution énergétique ». Et si le pays arrive encore à lutter contre toute forme de lobbying c’est sûrement grâce à la société civile, très active pour faire barrage. Il existe de nombreuses associations d’envergure nationale comme NofrackingFrance, locales ou régionales, comme pour la région du Var. Et si ces collectifs ont tant d’impact c’est grâce au soutien que leur accordent de grandes instances comme, par exemple, Le Bureau Européen de l’Environnement ou les fédérations reconnues comme l’Association Santé Environnement. Quoi qu’il en soit, pendant que les États-Unis détiennent déjà plus de 500 000 puits et que la Pologne débute son exploitation, la France est un des rares états à lutter contre cette nouvelle énergie.

Léa Reguillot

Retrouvez aussi « Un gaz sous haute pression », un reportage de 26 minutes sur l’exploitation du gaz de schiste en France et en Pologne. Sélectionné au Festival du livre de Mouans-Sartoux 2012 et diffusé sur Var Télé, il met en évidence les méthodes trompeuses utilisées par les pétroliers pour convaincre des bienfaits de cette nouvelle source d’énergie. Réalisé par Maxime Morin & Matthieu Boutitie, deux anciens étudiants en Licence professionnelle en journalisme audiovisuel à l’IUT de Journalisme de Cannes, aujourd’hui réalisateurs et producteurs pour Frapadoc Productions.