UItras niçois : « La première violence vient de l’État ! »

Difficile d’aborder le sujet de la violence avec les ultras. « C’est tabou », confie l’un d’entre eux, qui souhaite garder l’anonymat. Alex, un autre ultra, cherchait à être au cœur de l’ambiance quand il a rejoint les ultras en 1994. Mettre de l’ambiance et afficher une culture populaire du football, c’est ce qui définit sa manière de supporter les Aiglons. « Il faut dissocier la violence, le hooliganisme, et les ultras », souligne-t-il.

Les ultras de la Brigade Sud brandissent leurs écharpes face à l’ASSE. (Crédit photo : D.R.)

Les ultras de la Brigade Sud brandissent leurs écharpes face à l’ASSE. (Crédit photo : D.R.)

« Nous sommes les boucs-émissaires des gouvernements. Il n’y a plus d’hooligans en France, donc on donne du grain à moudre à l’opinion publique » avec une politique « ultra-répressive » appliquée dans les stades, a renchérit Gilles, un autre ultra. Il évoque aussi  des sanctions disproportionnées et la politique du chiffre pratiquée par les autorités.

La Populaire Sud, ex-Brigade Sud — dissoute en 2010 — s’est associée au mouvement des ultras français. Dans une lettre ouverte à Manuel Valls et au président de Ligue de Football Professionnel (LFP). Gilles ne condamne pas les actes de violences : il préfère parler de la « première violence qui vient de l’État. » Pour lui, des décrets sont ajoutés « injustement », et il souligne les différences de traitement entre un citoyen lambda, les supporters et les ultras.

Cette frange de supporters a pour modèle le système allemand, qui préconise l’avertissement à la sanction immédiate. « C’est pourquoi les stades allemands sont plus remplis et festifs », poursuit Gilles. Assurer une sécurité aux spectateurs sans nuire à l’ambiance, le juste milieu n’est visiblement pas facile à trouver.

Les ultras défendent le droit d’utiliser des fumigènes et de porter leurs couleurs en déplacement. (Crédit photo : Nicolas Richen)

Les ultras défendent le droit d’utiliser des fumigènes et de porter leurs couleurs en déplacement. (Crédit photo : Nicolas Richen)

 De nouveaux dispositifs de sécurité à l’Allianz Riviera 

Après les heurts entre supporters niçois et stéphanois, l’OGC Nice tire des conclusions de ces évènements exceptionnels. La sécurité du stade sera améliorée : « La tribune des visiteurs sera réaménagée pour éviter tout type de débordement. » Une avancée des séparations avec la tribune adverse est envisagée.

Au plus fort de l'émeute ! (Crédit Photo: Mathilde Brun)

Au plus fort de l’émeute ! (Crédit Photo: Mathilde Brun)

« On ne s’attendait pas du tout à un tel déferlement de violence. Des supporters qui sortent de leur secteur pour venir dans la tribune adverse, je n’ai jamais vu cela en  treize saisons », explique André Bloch, directeur de la sécurité au club. Comme le prévoit la loi Pasqua, le club qui accueille le match est responsable de la sécurité à l’intérieur de son enceinte. Les policiers, eux, doivent être à l’extérieur et les stadiers de l’équipe visiteuse sont responsables de leurs supporters.

Les supporters stéphanois avant les échauffourées. (Crédit photo : Nicolas Richen)

Les supporters stéphanois avant les échauffourées. (Crédit photo : Nicolas Richen)

Mathilde Brun

Nicolas Richen

Retrouvez demain le premier numéro de La Cannette, le hors-série des étudiants de première année en journalisme de Cannes.