La Tunisie inscrit l’égalité homme – femme dans sa constitution

La Tunisie inscrivait lundi 6 janvier dans sa constitution « l’égalité sans discrimination » entre « citoyens et citoyennes », une première dans le monde arabe.

« Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune« . Voilà ce que stipule l’article 20 de la future constitution tunisienne adoptée par 159 votants sur 169. Ce compromis entre l’opposition laïque, minoritaire à l’assemblée et le parti islamique d’Ennahda, fait suite au scandale de l’été 2012 lorsque le parti avait annoncé vouloir introduire le concept de complémentarité homme – femme.

C’est une nouvelle victoire pour l’opposition laïque, puisque dimanche était voté l’interdiction des « accusations d’apostasie«  et qu’à la suite de l’article 20 était approuvé que « les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’informations sont garanties« . Les militantes féministes locales, comme Ahlem Belhaj, l’ex-présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, se sont elles félicitées de cette décision « C’était notre revendication et c’est une victoire » (AFP). La formulation a été néanmoins critiquée par de nombreuses ONG comme Human Right Watch ou Amnesty, les termes « citoyens et citoyennes » étant trop réducteurs.

Le vote, débuté vendredi, a été pour le moins tumultueux en raison de polémiques et de disputes. Le texte entier doit maintenant obtenir le vote des deux tiers des élus sinon le recours au referendum sera obligatoire. La loi devrait être adoptée avant le 14 janvier, jour anniversaire du début de la révolution de 2011 qui conduira au printemps arabe.

Léa Reguillot