Centrafrique : le président Djotodia a démissionné

C’est officiel. Le président Michel Djotodia et son premier ministre Nicolas Tiengaye ont annoncé vendredi midi leur démission lors du sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).

Cette décision a été adoptée par les membres du conseil national de transition centrafricain (CNT) après plusieurs heures de négociations. Ce dénouement prendra acte dès le retour de Michel Djotodia sur le territoire centrafricain, parti dans la nuit à N’Djamena (Tchad) au sommet consacré à la crise politique centrafricaine.

Le président centrafricain déchu, Michel Djotodia (à gauche) sert la main de son homologue tchadien, Idriss Deby à N'Djamena. (AFP)

Le président centrafricain déchu, Michel Djotodia (à gauche) sert la main de son homologue tchadien, Idriss Deby à N’Djamena. (AFP)

 Un président par intérim nommé et non élu

L’initiative d’écarter le couple exécutif doit faciliter une sortie de crise à Bangui. Désormais, les membres du CNT doivent organiser l’avenir politique du pays.

En cas de démission du président, la Charte constitutionnelle de la transition en Centrafrique prévoit la mise en place d’un président par intérim. C’est donc Alexandre Ferdinand Nguendet, président du CNT, qui assurera l’intérim présidentiel.

 « Il nous faut une nouvelle personne pour diriger le pays »

La communauté internationale émet cependant des doutes quant à la capacité du pays à sortir de cette crise politico-religieuse. « Personne ne peut parler d’un changement à la place des Centrafricains. La solution ne peut venir que des Centrafricains eux-mêmes », prévenait le secrétaire général de la CEEAC, Ahmat Allami.

 Plusieurs milliers d’habitants de Bangui manifestaient vendredi aux abords du quartier de Boy-Rabe, non loin de l’aéroport, sous la surveillance de soldats français et de la force africaine. « Il nous faut une nouvelle personne pour diriger le pays », réclamait la foule. Aucune élection électorale n’est prévue à ce jour.

Vincent Bourquin