«Le cinéma français est devenu normé et consensuel»

Le jeune réalisateur niçois Yann Gonzalez était ce mercredi 22 janvier à la MJC Picaud de Cannes pour présenter son long-métrage Les Rencontres d’après Minuit. Interview.

En mai dernier, six mois avant sa sortie nationale, la section Un Certain Regard du Festival de Cannes diffusait une nouvelle trouvaille… Les Rencontres d’après Minuit, c’est d’abord un scénario : « Avant minuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie. Sont attendus La Chienne (Julie Brémond), La Star (Fabienne Babe), L’Etalon (Éric Cantona) et L’Adolescent (Alain-Fabien Delon). » Chacun a sa propre histoire, un passé filmé avec mélancolie dans des huis-clos jamais oppressants. Les scènes érotico-fantastiques ne s’échappent guère dans la vulgarité, restant toujours très poétiques.

« Pour moi, Les Rencontres d’après Minuit, c’est tout à coup une pièce de théâtre qui devient un film de cinéma. » (Crédit photo : D.R.)

« Pour moi, Les Rencontres d’après Minuit, c’est tout à coup une pièce de théâtre qui devient un film de cinéma. » (Crédit photo : D.R.)

 Les Rencontres d’après Minuit, c’est aussi un esthétisme. Un premier film où l’énergie cinéphile de son réalisateur est débordante. Le style très années 1970, par les couleurs, est accompagné de décors théâtraux. Certaines séquences entre les deux amants se transforment parfois en véritable tableau peignant des mythes grecs. Le réalisateur invente son propre cinéma, transgenre, puisant son inspiration dans sa culture cinématographique.

Si les critiques restent discordantes, la bande-originale a le don de faire consensus. Composée par le frère de Yann Gonzalez, leader de M83, elle est mise en valeur par une ingénieuse idée du réalisateur. Tour à tour, les personnages vont placer leurs mains sur un « juke-box sensoriel » situé au fond de la scène. L’émotion de la personne est traduite en musique, une mélancolique nappe d’éléctro se déclenche…

 – Vous avez commencé par être journaliste et plus précisément critique de cinéma. Pourquoi êtes-vous passé derrière la caméra ?

 – Le film devait initialement s’appeler Jukebox, pourquoi avez-vous changé de nom ?

– C’est votre frère, leader du groupe antibois M83, qui a composé la bande-originale du film. Comment avez-vous travaillé ensemble?

– Je pense que vous n’allez pas dire le contraire, mais Les Rencontre d’après Minuit est un « ovni » cinématographique. C’est ce que vous aimez voir et réaliser ?

 – Pour un premier film, vous avez un sacré casting tout de même… Vous aviez un acteur en tête pour chaque personnage pendant l’écriture du scénario ?

Victor Vasseur

Retrouvez l’interview complète sur Kulturoscope