février 02

Étiquettes

Mobilisation internationale en faveur de l’IVG

Samedi 1er février s’est déroulée à Madrid la première grosse manifestation contre la réforme de la loi sur l’IVG, l’interruption volontaire de grossesse. Des rassemblements ont également eu lieu dans de nombreuses villes européennes. 

Légende : Le peuple madrilène a manifesté contre la réforme de l’IVG ce samedi. (Crédit photo : M.Prieto)

Légende : Le peuple madrilène a manifesté contre la réforme de l’IVG ce samedi. (Crédit photo : Louis Prieto)

Des drapeaux républicains, des slogans recyclés d’il y a trente ans, la couleur mauve, des aiguilles à tricoter et des cintres : ce sont les symboles de la manifestation qui a eu lieu à Madrid samedi matin. Elle a commencé à la gare d’Atocha où était attendu le « train de la liberté », un train venant des Asturies avec des militantes féministes (mais des trains et des autobus sont arrivés de tout le pays), et s’est terminée devant le Parlement. Des dizaines de milliers de personnes ont scandé : « Nosotras parimos, nosotras decidimos » (c’est nous qui accouchons, c’est nous qui décidons) ou « Fuera el aborto del Código Penal » (Sortez l’avortement du Code Pénal) et ont montré leur opposition à la nouvelle loi qui interdira l’avortement sauf en cas de viol et de danger « durable ou permanent » pour la santé de la mère.

« Je trouve incroyable d’avoir à manifester à nouveau pour le droit à l’IVG » déclare une des manifestantes ; « Les femmes riches voyageront à l’étranger pour avorter alors que les femmes pauvres sont condamnées à la clandestinité » dénonce une autre participante de la marche. De nombreuses personnalités culturelles et politiques sont présentes à la manifestation, notamment la numéro 2 du parti socialiste, Elena Valenciano qui affirme : « Quand on a connu la liberté, on accepte plus difficilement d’en être privé. »

La France particulièrement solidaire

Des actions étaient organisées dans plus de 35 villes françaises. La plus importante s’est passée à Paris, avec plus de 5000 personnes, et la présence de personnalités telles qu’Anne Hidalgo –candidate à la mairie de Paris, Pierre Laurent ou Isabelle Alonso. Dans d’autres capitales européennes comme Rome, Londres, Édimbourg, Dublin ou Lisbonne, des actions similaires ont eu lieu.

Une mobilisation sociale qui pourrait être efficace

Même si le ministre de la justice, Alberto Ruiz-Gallardón, a déclaré quelques heures après la manifestation « qu’aucun cri ni aucune insulte ne [le] feront abdiquer de sa mission », la loi est de plus en plus critiquée, au sein même de son parti. Alors qu’elle aurait dû être votée par le Parlement fin janvier, on l’attend maintenant pour le printemps. Seul le ministre reste un fervent défenseur de la mesure, le président du gouvernement, Mariano Rajoy ayant plusieurs fois refusé d’en parler. De plus, la réponse sociale risque d’être très forte dans la rue puisque ces dernières semaines, et pour la première fois depuis que la droite a accédé  au pouvoir en novembre 2011, le gouvernement a dû céder, par deux fois, aux revendications populaires : une fois concernant la non privatisation des hôpitaux madrilènes et l’autre concernant l’arrêt de la construction d’un grand boulevard dans un quartier de Burgos.

César Prieto