Jean-Luc Mélenchon à Nice pour raviver la flamme rouge et verte

À l’approche des élections municipales qui auront lieu dans deux mois, le Front de Gauche a donné rendez-vous à ses militants le vendredi 24 janvier, à Nice. Jean-Luc Mélenchon était présent pour soutenir la liste « Nice, l’humain d’abord ». Le coprésident du Parti de gauche avait réalisé un score de 9,2% dans la métropole, lors de la dernière présidentielle.

C’est dans un théâtre Lino Ventura comble (environ 700 militants) que ce meeting a eu lieu. Un endroit qui n’a pas été choisi au hasard par la coalition, ce théâtre se trouvant dans le quartier populaire de l’Ariane qui, d’après le Front de gauche, « subit de plein fouet la politique de Christian Estrosi ». Arthur Leduc, Roseline Grac, Alima Boumediene-Thiery, les différents candidats pour les élections municipales de Nice, ont pris la parole, au même titre que la tête de liste Robert Injey. Sans trop développer leur programme, ces derniers ont pointé du doigt la politique menée par le maire Christian Estrosi et « les ténors de l’UMP » dans les Alpes-Maritimes.

Robert Injey veut débattre avec Christian Estrosi 

Dans l’ombre, la tête de liste Robert Injey (1er rang, à droite) scrute le coprésident du Parti de gauche. (Crédit Photo : Nicolas Richen)

Dans l’ombre, la tête de liste Robert Injey (1er rang, à droite) scrute le coprésident du Parti de gauche. (Crédit Photo : Nicolas Richen)

 

Pour la tête de liste du Front de gauche, « Nice est une ville marquée par les contradictions entre une bande littorale — une vitrine de quelques centaines de mètres de profondeur, où se cumulent et s’affichent  toutes les richesses — et le reste,  l’arrière-boutique,  que les leaders locaux de l’UMP voudraient cacher, ignorer, faire oublier. » Robert Injey, qui est aussi conseiller municipal pour la ville de Nice, a par ailleurs dénoncé le manque de logements sociaux : « Ils ne représentent que 12%, très loin des 25% qu’impose la loi [relative à la solidarité et de renouvellement urbain, ndlr]. » 

Le maire de Nice « refuse tout débat contradictoire sur sa politique lors des conseils municipaux, son bilan et le devenir de la ville de Nice », a ajouté Robert Injey, qui met au défi Christian Estrosi « d’avoir publiquement cette confrontation ». 

Jean-Luc Mélenchon a ensuite pris la parole pendant près d’une heure et demie. Devant une foule conquise d’avance, il a tenu un discours à forte teneur économique avec sa fougue habituelle. Il s’est prononcé sur des questions nationales et européennes, tout en égratignant la politique menée par François Hollande, « le meilleur ami du MEDEF ». D’après le coprésident du Parti de gauche, la stratégie économique du président repose sur le fait que l’offre crée la demande : elle entre dans une « logique productiviste qui date des années 80 ».

Il a abordé un point précis du programme « Nice, l’humain d’abord » : la gratuité pour les premiers mètres cube d’eau. « Vous pouvez vivre dans le noir, dans le froid ou sans électricité. Mais vous ne pouvez pas vivre sans eau. Celui qui dit que le premier mètre cube d’eau doit être payant, il dit « toi, tu n’es pas un être humain parce que tu peux te passer d’eau si tu ne payes pas. » C’est une autre manière de nier l’humanité. » L’ancien candidat à la présidentielle a rendu hommage à un syndicaliste de la CGT Veolia, poursuivi en justice, car il a refusé de couper l’eau à  des particuliers.

L’avenir de l’Europe et de la Méditerranée 

L’Hexagone est le deuxième territoire maritime du globe. Jean-Luc Mélenchon croit que l’économie de la mer peut être un facteur important pour toute l’économie du pays. « Le moment est venu de passer à la radicalité écologique concrète à propos de la  Méditerranée. » Il estime qu’il faut investir des millions d’euros « pour installer des moyens de connecter les eaux usées et de les traiter », ainsi que pour former des ingénieurs et des techniciens capables d’exploiter la mer, comme l’énergie des marées, sur un autre mode que celui du « capitalisme sauvage ». En prenant l’exemple du plastique d’algue, le natif d’Alger a voulu montrer qu’il est « possible de faire bifurquer le mode de production, qu’on peut produire autrement autre chose et pas n’importe quoi du moment que ce n’est pas cher ». 

Le programme du Front de gauche pour la ville de Nice a été présenté le 30 janvier par les trois têtes de liste. Malgré un sondage plaçant le Front de Gauche en quatrième position pour les élections municipales de Nice (avec 7% des voix),  Jean-Luc Mélenchon a laissé ses militants sur une note positive : « Avec Robert Injey, on trace un chemin. Évidemment, quand on commence une élection, on se dit qu’on va gagner…  Robert m’a dit « Ce n’est pas possible à Nice ». Qu’est-ce que tu en sais ? À Nice, ils ont bien eu Garibaldi, non ? »

« Le bord de la Méditerranée est la plaque sensible où tout est en train de se nouer pour toute l’Europe. Il y a nous, mais il y a aussi les Italiens, les Portugais, les Espagnols, les Grecs qui se battent comme des fous. Quelque part, la chaîne va craquer », a-t-il scandé, ravivant ainsi la passion des militants.

Nicolas Richen