Transjurassienne : « On vit la course sans se fatiguer »

1000, c’est le nombre de bénévoles pour l’organisation de la course qui réunit 4800 compétiteurs. Depuis 1979, la Transjurassienne est une course de ski de fond de 76 km traversant les départements du Jura et du Doubs avec un court passage en Suisse. Dimanche dernier, la course reliant Lamoura à Mouthe a dû raccourcir son parcours de quelques kilomètres, faute de neige.

Un dernier thé avant l’arrivée

Tôt ce matin, dans la brume, au milieu des sapins enneigés, une grande plaine et quelques fermes, nous sommes au Pré Poncet (à 15 Km de l’arrivée) sur les hauteurs de Chaux-Neuve. Au bord de la piste, des tables sont installées dans la neige. Des bénévoles disposent des marmites de thé, bouillons, boissons énergétiques mais aussi Comté, figues, abricots, chocolats, pain d’épices… Anorak, bottes, bonnet et gants, ils sont une dizaine ce matin emmitouflés pour affronter le froid (-2C°), ce qui ne semble pas les déranger « Ici c’est la petite Sibérie comme on dit, mais bon, le froid c’est vivifiant… et on n’est pas beaux avec nos joues roses ? ». C’est la cinquième année de bénévolat sur cet événement pour Lison, étudiante en droit. Les volontaires, pour la plupart, viennent des villages alentours, souvent en famille ou avec des amis. L’ambiance y est chaleureuse, ils parlent des conditions météorologiques, échangent des conseils de fartage…

Certains skieurs passent sans s’arrêter, d’autres déchaussent et s’accordent une pause. Un couple venu d’Antibes fait la course chaque année « On la fait pour les paysages, mais aussi pour l’ambiance entre les skieurs, les spectateurs et les bénévoles, c’est tout un univers ! ». Cette course populaire réunit des compétiteurs venus de Norvège, d’Allemagne, des États-Unis et même d’Australie, mais aussi des passionnés de tout âge venant des villages alentours. On compte environ 20 % d’étrangers avec 26 pays représentés. Lison ajoute : « Ça fait plaisir de pouvoir tous les encourager… du premier au dernier ! ». Tout au long de la course sont proposés neuf ravitaillements avec pour chacun, un poste de secours.

 

Les bénévoles sont là pour soutenir certains skieurs épuisés. (Crédit Photo: R.Daloz)

Les bénévoles sont là pour soutenir certains skieurs épuisés. (Crédit Photo: R.Daloz)

Réconfort à Mouthe

A l’arrivée, les bénévoles sont plus nombreux, la Croix-Rouge, des médecins et des kinésithérapeutes sont présents. Aux sons des clarines et des applaudissements, après 70 Km, quelques skieurs s’écroulent et restent plusieurs secondes au sol avant de se relever. Les secours attendent avant d’intervenir car cette réaction du corps est normale après un tel effort. « Ce n’est jamais très grave, mais beaucoup ont des crampes ». Par chance cette année, la température n’était pas trop basse donc aucune personne n’a souffert de gelures. De plus, les coureurs ont bénéficié d’un vent favorable sud-ouest sur 80 % du parcours. Les tâches sont diverses, des bénévoles sont chargés du chronométrage avec les dossards munis d’une puce. D’autres remettent les médailles. Les retraités du village sont heureux de participer à cet événement annuel : « On est habitués maintenant, mais ça fait toujours plaisir de se sentir utile ».

Les deux antibois sortent de la salle des fêtes où est servi le repas : « C’était pas de la socca, mais c’était très bon quand même ! », blague Philippe en appuyant son accent méditerranéen.

Une ambiance chaleureuse et unique due au respect des skieurs mais aussi à la motivation des bénévoles. Cette course mythique est la seule épreuve française inscrite au calendrier de la Worldloppet  (passeport qui regroupe une série de courses de ski de fond longue distance – entre 42 et 90 km – à travers 14 pays dans le monde entier).

A l'arrivée, les bénévoles accueillent les sportifs, même le yéti était là. (Crédit photo : R. Daloz)

A l’arrivée, les bénévoles accueillent les sportifs, même le yéti était là. (Crédit photo : R. Daloz)

Les deux grands gagnants de cette 36ème Transjurassienne sont deux haut-savoyards, Mathias Wibault (course 76 km) et Aurélie Dabudyk (course 57 km)… Sur le podium, les vainqueurs ont remercié l’organisation ainsi que les bénévoles. Sélectionnée olympique, Aurélie Dabudyk a rejoint depuis mardi l’équipe de France à Sotchi. Les bénévoles, quant à eux, n’ont plus qu’à tout ranger et à se dire… « à l’année prochaine ! »

  Raphaëlle Daloz