Comment se convertir à la cigarette électronique ?

Selon une étude de l’OFDT (l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies), chaque jour, entre un et deux millions de Français utiliseraient la cigarette électronique. La rédaction de Buzzles a voulu comprendre ce phénomène.

« Fumer crée une forte dépendance, ne commencez pas », « les fumeurs meurent prématurément » ou plus simplement « fumer tue »… Les nombreuses campagnes menées pour tenter de réduire le nombre de fumeurs n’ont jamais vraiment fonctionné. Il aura fallu attendre l’arrivée d’un concurrent pour voir le nombre de « smokers » réduire (moins 7.6 % concernant les ventes de cigarettes entre 2012 et 2013).

La campagne menée pour faire peur aux fumeurs aura été moins efficace que l’apparition de l’e-cigarette. (Crédit photo : D.R.).

La campagne menée pour faire peur aux fumeurs aura été moins efficace que l’apparition de l’e-cigarette. (Crédit photo : D.R.).

 

Un impact qui semble moindre sur la santé

Chaque année, le tabac tuerait près de 200 personnes par jour dans l’hexagone (soit environ 73 000 fumeurs par an). La cigarette électronique propose de son côté les mêmes fonctionnalités et surtout les mêmes attitudes (une clope à la main, de la fumée crachée dans les airs…),  le tout en choisissant la dose de nicotine à ingérer et sans consommer l’ensemble des produits nocifs présents dans une cigarette classique.

 

A la longue, un prix inférieur aux paquets classiques

« A l’époque, un paquet de Gauloises coûtait 3  francs ». Autrement dit, dans le début des années soixante dix, un paquet de cigarettes aurait coûté (si l’euro était déjà en place) moins de 50 centimes d’euros (puisque un Euro équivaut à six Francs cinquante-six). 

Alors qu’aujourd’hui, si vous vous rendez dans un quelconque bureau de tabac, un même paquet de Gauloises brunes coûte depuis juillet 2013 pas moins de 6,70 euros. Et c’est pareil pour tous les paquets de différentes marques. Il n’est donc pas aberrant de dire que fumer est devenu un luxe. Sur un an, en fumant un paquet par jour, le budget annuel est proche des 2 500 euros, soit le prix d’une voiture d’occasion correcte ou d’un beau voyage en amoureux.

Alors, l’arrivée de la cigarette électronique, qui ne coûte qu’une seule fois une cinquantaine d’euros et quelques recharges à cinq euros de temps en temps, reviendra moins cher qu’un paquet quotidien à des prix exorbitants.

L’argument du prix est donc l’un des plus utilisés chez les « vapoteurs ».

 

Mais finalement, ne se sont-ils pas fait berner ?

 La mode s’est répandue à vitesse grand V. La commercialisation a débuté en 2011 et en ce début 2014, plus de 1 800 magasins de cigarettes électroniques sont installés dans l’hexagone. Preuve que le phénomène « cigarettes électroniques » a séduit les Français, qui pensent faire des économies, maintenir leur bonne santé et peut-être même arrêter définitivement de fumer.

 Mais avec les quelques trois années de recul que nous observons depuis leur arrivée, on peut déjà affirmer que tout n’est pas rose avec ce nouveau gadget. Aucun « vapoteur » n’a la même cigarette depuis le début. Régulièrement, une nouvelle « e-cigarette » avec plus d’options, plus d’autonomie de batterie, plus de ceci ou cela, arrive sur le marché. De quoi donner envie aux vapoteurs d’en acheter une nouvelle. Il faut donc mettre l’argument économique sur le bas côté.

Côté santé, dès l’arrivée en masse de cet appareil, des chercheurs ont remis en question l’absence de risque en expliquant que l’on n’avait pas suffisamment de recul vis-à-vis des effets de la vapeur sortant de cette nouvelle cigarette. Depuis, de nombreux symptômes sont apparus chez ces nouveaux fumeurs. Maux de tête, gorge douloureuse, sinus bouchés ou plus étonnant encore : langue qui noircit.

Il faut donc minimiser « l’impact positif » de l’e-cigarette sur la santé, en attendant d’avoir les résultats d’études sérieuses à plus long terme.

Nous conclurons donc en disant que, même si sur le papier l’arrivée de ce nouveau produit semblait pencher vers le « tout positif », le peu de recul que nous avons à son égard exige de rester attentif, afin de ne pas devenir dépendant de cet outil qui visait (à l’origine) à réduire la drogue qu’est le tabac.

Pierrick Ilic-Ruffinatti